Un détenu de Guantánamo porte plainte contre le Maroc et 6 autres pays

Un détenu de Guantánamo porte plainte contre le Maroc et 6 autres pays




Abou Zoubaydah, un des détenus de Guantánamo a décidé de déposer plainte auprès d’une agence de l’ONU contre le Maroc, les États-Unis et cinq autres pays pour détention arbitraire et demande par la même occasion sa libération pure et simple. Son incarcération a eu lieu après les attentats du 11 septembre. Cette annonce a été faite par son avocate, Helen Duffy.




La plainte, qui vise les États-Unis et six autres pays, sera déposée (ce) vendredi auprès du Groupe de travail sur la détention arbitraire, un groupe consultatif d’experts indépendants, pour lui demander d’intervenir dans son dossier, a précisé l’avocate Helen Duffy.

Zayn al-Abidin Mohammed Hussein alias Abou Zoubaydah, 50 ans, avait été interpellé en 2002 au Pakistan et remis à la CIA.

Cette dernière a soupçonné ce Palestinien né en Arabie saoudite d’avoir participé aux préparatifs des attentats du 11 septembre 2001 perpétrés aux États-Unis. En conséquence, il a été incarcéré dans plusieurs prisons secrètes.




Premier prisonnier soumis à la torture, il a subi notamment 83 séances de «  waterboarding  », ces noyades simulées aujourd’hui interdites par les États-Unis, fait savoir l’AFP.

En 2003, il sera transféré à Guantánamo, sans être mis en examen. Bien que la CIA ait admis qu’Abou Zoubaydah n’était pas affilié à Al-Qaïda, il n’est toujours pas libéré.

« Sa détention n’a aucune base légale selon les lois internationales et c’est une offense à tous les principes de respect des procédures », indique son avocate dans un communiqué. Le détenu demande à travers sa plainte sa libération pure et simple par les États-Unis.




Abou Zoubaydah appelle les six autres pays – Grande-Bretagne, Thaïlande, Afghanistan, Lituanie, Pologne et Royaume du Maroc – qui seraient impliqués dans sa détention à prendre toutes les mesures pour assurer sa libération, mais aussi lui offrir l’asile.

« Après 19 ans de détention arbitraire, la seule solution légale appropriée serait sa libération et sa réhabilitation », a insisté son avocate.

La réponse de l’administration du président des États-Unis Joe Biden « permettra de tester les engagements qu’il a pris récemment en faveur des règles de droit et des droits de la personne », a ajouté Helen Duffy.