Redoutant la fuite de Brahim Ghali, une ONG espagnole demande sa «détention immédiate»

Redoutant la fuite de Brahim Ghali, une ONG espagnole demande sa «détention immédiate»




L’Association Canarienne des Victimes du Terrorisme (Acavite) demande, aujourd’hui, à la justice espagnole de procéder à la «détention immédiate» de Brahim Ghali. Une mesure, explique l’ONG, pour ne pas tomber dans la même erreur commise dans le cas de José Ignacio de Juan Chaos, un membre de l’organisation terroriste basque qui a pris la poudre d’escampette après sa libération en 2007. Après un séjour en Irlande, il est actuellement au Venezuela.




La nouvelle sortie d’Acavite intervient vingt-quatre heures après les déclarations de la ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez. Hier, elle a affirmé, à l’occasion d’un point de presse, que le chef du Polisario quittera le territoire espagnol dès la fin de son traitement. Des propos que l’association condamne, rappelant à la cheffe de la diplomatie qu’il y a 300 victimes canariennes du terrorisme du Polisario qui attendent encore «reconnaissance et réparation». Acavite reproche au gouvernement de coalition de gauche d’ «avoir autorisé l’entrée et l’hospitalisation de Brahim Ghali dans un hôpital public de Logroño.




Ceci alors qu’il fait l’objet d’un mandat de recherche et capture, pour des attentats terroristes à la bombe contre des travailleurs civils canariens de la société minière de phosphate FossBucraá». Ghali est «l’auteur intellectuel et matériel présumé, d’assassinats, d’enlèvements massifs, et disparitions d’équipages en haute mer de marins canariens de 1973 jusqu’à fin 1986». Pour mémoire, les milices du Front sont responsables de l’enlèvement de 38 pêcheurs dans les eaux situées entre le Sahara et les Iles Canaries. Ils avaient retrouvé la liberté à l’automne 1980 après des négociations directes entre le Polisario et le gouvernement espagnol.




En novembre 1978, il y a eu le mitraillage du chalutier canarien «Cruz del Mar» qui avait provoqué la mort de sept membres d’équipage. Deux ans plus tard, il y a eu la disparition du chalutier «Mencey de Abona» avec à son bord 14 marins pêcheurs. À ce sinistre bilan, s’ajoutent également les attaques qui ont été commises contre le bateau «El Juanito» en septembre 1985 et contre le patrouilleur espagnol «Tagomago» qui était intervenu pour le secourir. L’Association Canarienne des Victimes du Terrorisme (Acavite), a été créée en 2006. Ce n’est qu’en novembre 2015 que l’État espagnol a décoré 40 victimes du terrorisme du Polisario.