Affaire Ghali: Le Maroc accentue la pression sur l’Espagne

Affaire Ghali : Le royaume du Maroc accentue la pression sur l’Espagne




Le royaume du Maroc enfonce le clou pour mettre la pression sur l’Espagne qui a accueilli en catimini le chef du Polisario, un groupement armé qui a repris les armes contre le royaume du Maroc malgré l’accord de cessez-le-feu de 1991.




Le Maroc accentue la pression sur l’Espagne sans arriver à la rupture. En témoigne, le nouveau communiqué du ministère des Affaires étrangères, publié dans les premières heures de ce samedi 8 mai.

Une fois de plus, le département de Nasser Bourita considère que la décision des autorités de Madrid de ne pas aviser leurs homologues marocaines de l’hospitalisation du chef du Polisario «n’est pas une simple omission».

Loin de là, «il s’agit d’un acte prémédité, d’un choix volontaire et d’une décision souveraine de l’Espagne, dont le Maroc prend pleinement acte. Il en tirera toutes les conséquences», menace le ministère.

Peu convaincu par les «explications» données par Madrid, Rabat ne croit pas aux «considérations humanitaires» avancées par Mme. Arancha Gonzales pour «justifier cette attitude négative», soulignant que ce prétexte maintes fois répété par la cheffe de la diplomatie «ne justifie pas les manœuvres ourdies derrière le dos d’un partenaire et d’un voisin».




Un argument déjà défendu par le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita dans une interview qu’il avait accordée à l’agence de presse espagnole EFE.

«Les considérations humanitaires ne sauraient être une panacée que l’on accorde sélectivement au chef des milices du « polisario », au moment où des milliers de personnes vivent dans des conditions inhumaines dans les camps de Tindouf», dénonce le texte.

Les griefs de la diplomatie marocaine porte également sur «l’inaction de la justice espagnole (…) L’application de la loi et la préservation des droits des victimes ne sauraient se faire aux deux poids deux mesures, ni souffrir d’aucun double standard».

Pour rappel, l’Audience Nationale a reporté au 1er juin l’audition du chef du groupe séparatiste armé Brahim Ghali après un rapport de la police, attestant qu’il est placé «sous respiration assistée» dans un hôpital de Logroño.




L’hospitalisation sous une fausse identité est incompatible avec l’argument humanitaire

Par ailleurs, le communiqué répond indirectement aux propos de la ministre espagnole des Affaires étrangères minimisant l’impact de l’accueil du chef du Polisario sur le partenariat avec le Maroc.

«L’attitude de certains responsables gouvernementaux (espagnols), préjugeant de la réaction marocaine et minimisant l’impact pourtant grave sur la relation, ne saurait occulter cette situation déplorable», précise le texte.

Et de conclure en rappelant au gouvernement de coalition de gauche que «la préservation du partenariat bilatéral est une responsabilité partagée, qui se nourrit d’un engagement permanent pour sauvegarder la confiance mutuelle, maintenir la coopération fructueuse et sauvegarder les intérêts stratégiques des deux pays».

L’hospitalisation de Brahim Ghali sous une fausse identité et sans aviser le Maroc est à l’origine de l’annulation des réunions entres ministres marocains et espagnols destinées à préparer le prochain sommet entre les deux pays. Une réunion de haut niveau déjà frappée par le report en décembre, officiellement pour des «raisons sanitaires».