Sahara: voici les 5 projets qui vont changer le visage des provinces du sud du Maroc

Sahara: pendant ce temps-là… voici les 5 projets qui vont changer le visage des provinces du sud




Bien avant la reconnaissance des Etats-Unis de la marocanité du Sahara et malgré les gesticulations algéro-polisariennes, le Maroc s’est engagé dans un vaste projet de développement de ses provinces du Sud. Objectif, en faire un trait d’union entre le Royaume et son prolongement africain. Les voici.




Le programme a été présenté pour la première fois en novembre 2015 devant le roi Mohammed VI. C’était à Laâyoune à l’occasion du 40e anniversaire de la Marche verte. Depuis, bien du chemin a été parcouru dans la réalisation du programme de développement du Sahara marocain, rebaptisé « Nouveau modèle de développement des provinces du Sud ». 

L’enveloppe initiale a été estimée à 77 milliards de dirhams. Elle s’élève aujourd’hui à 85 milliards. Objectif, mettre en place un véritable plan Marshal pour un développement économique et social global au Sahara.

Aujourd’hui, ce plan est, à bien des égards, une réalité. Le 30 novembre dernier, le chef du gouvernement Saâd Eddine El Othmani affirmait devant le Parlement que 70% des projets qu’il comprend étaient achevés.

Dans le détail, ce sont quelque 179 chantiers qui ont été finalisés et sont déjà en phase d’exploitation. 336 autres projets sont en cours. Voici les 5 projets phares qui promettent, à coup sûr, de faire des provinces du Sud un levier de développement non seulement à l’échelle nationale, mais aussi, et surtout, continentale.




Une voie pour deux continents
Le projet sera opérationnel en 2022, promet le ministre de l’Equipement, Abdelkader Amara. Longue de quelque 1.055 km, la voie express Tiznit-Dakhla nécessitera un investissement de l’ordre de 10 milliards de dirham. Véritable route transcontinentale, ce mégaprojet reliera l’Europe à l’Afrique subsaharienne à travers le Maroc.

Concrètement, il porte sur la réalisation d’une voie express Tiznit-Laâyoune, l’élargissement de la route nationale N1 à 9 mètres entre Laâyoune et Dakhla, ainsi que la construction de 16 ouvrages d’art. Sept d’entre eux ont été achevés.

En prime, en cours de construction, un pont de 1.650m, le plus grand du Maroc, pour le contournement de la ville de Laâyoune, pour une enveloppe de 1,1 milliard de dirhams. Valeur avril dernier, le taux d’avancement des travaux de la voie express Tiznit-Dakhla avait atteint 43%.

À l’arrivée, une précieuse réduction du temps et du coût de transport, une plus grande fluidité du trafic, de confort et la sécurité routière. La voie facilitera ainsi le transport des marchandises entre les grands centres de production et de distribution et leurs marchés respectifs dans la région.




De Tanger-Med à Dakhla-Atlantique
Véritable joyau du nouveau modèle de développement des provinces du Sud, le projet du grand port de Dakhla se concrétise. Le choix du titulaire de ce marché a été fixé fin avril dernier. C’est le groupement 100% marocain SGTM–Somagec Sud qui l’a emporté. Fruit d’un investissement, là encore, de 10 milliards de dirhams, ce chantier titanesque durera environ 6 ans.

Techniquement, ce projet portera sur la réalisation d’un port en eaux profondes sur la façade Atlantique, à 40 km au nord de Dakhla, selon trois composantes: un port de commerce, un port dédié à la pêche côtière et hauturière et un port dédié à l’industrie navale.

Dakhla-Atlantique devrait notamment assurer des dessertes maritimes vers Casablanca, Tanger et Las Palmas (Grande Canarie), mais aussi Dakar et les ports du golfe de Guinée.

Il permettra également de soutenir les secteurs productifs (pêche, agriculture, mines, énergie, tourisme, commerce, industries, etc.), et de doter la région d’un outil logistique moderne. Dakhla Atlantique sera également adossé à une zone industrialo-logistique de 1.650 hectares destinée à offrir des services industriels et logistiques de qualité.




Un pôle industriel ultra-moderne
Il s’agit d’un programme industriel de près de 17 milliards de dirhams, entamé dès 2016 et qui concerne l’ensemble de la chaîne de valeur du phosphate. En prime, une plateforme de production d’engrais d’une capacité de 1 million de tonnes par an, mais aussi une nouvelle usine de lavage et flottation d’une capacité de traitement de 3 millions de tonnes par an.

Les capacités logistiques existantes seront renforcées et adaptées aux spécificités régionales et aux besoins des nouvelles activités. Le programme fait de l’innovation et la préservation de l’environnement et des ressources naturelles, son fil conducteur.

OCP investit, à ce titre, dans le dessalement d’eau de mer pour couvrir la totalité des besoins additionnels requis par son développement industriel, sans aucune demande complémentaire en eaux conventionnelles.

Comptez 7,5 millions de mètres cubes. Le projet vise à contribuer à l’émergence d’un tissu industriel régional autour du nouveau complexe industriel et ce, en étroite synergie avec la Technopole Foum El Oued et l’Université Mohammed VI Polytechnique de Laâyoune pour la recherche, la formation et le développement de compétences.




Le pari des énergies renouvelables
Les provinces du Sud, c’est également un bouquet d’offres en énergies renouvelables. Les centrales solaires de Laâyoune et de Boujdour sont déjà opérationnelles depuis 2018 avec une capacité totale de 100 mégawatts.

Un champs de production d’énergie éolienne a été lancé à Tarfaya (300 mégawatts), Foum el Oued (50 mégawatts), Akhfennir (100 +100 mégawatts). Et ce n’est pas fini. D’autres projets avec une capacité de 800 mégawatts sont dans le pipe.

À cela s’ajoute le projet de raccordement de Dakhla au réseau d’électricité national conventionnel qui se précise. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a publié, il y a quelques jours, un appel d’offres pour la réalisation d’une étude dans ce sens.

Cette stratégie vise le renforcement de la sécurité d’alimentation en énergie électrique, la satisfaction de la demande croissante, la valorisation du potentiel des énergies renouvelables et l’amélioration de la qualité de service offerte à la clientèle.




Un trésor nommé eau de mer

S’il est un enjeu majeur et une entrave potentielle importante au développement du Sahara marocain, c’est bien celui de l’eau. Dans un climat aride et désertique, la solution, encore onéreuse, est dans le dessalement d’eau de mer. L’Etat met les bouchées doubles sur ce registre et deux projets phares émergent.

Le premier n’est autre que la station de dessalement d’eau de mer à Laâyoune qui devra voir le jour cette même année. D’après l’ONEE, elle suffira à combler les besoins en eau potable des habitants de la ville (237.000 habitants) et des centres avoisinants jusqu’en 2040. Cette structure est réalisée pour un investissement de 370 millions de dirhams.

Elle aura une capacité de production de 26.000 m³/j, qui vont s’ajouter aux 26.000 m³/j de la première station et aux 10.000 m³/j d’eaux souterraines. Le tout pour une capacité de production de 62.000 m³/j. Autre projet, d’une bien plus grande envergure, celui d’une station de dessalement d’eau de mer à Dakhla, destinée à l’agriculture, et est encore à l’état de projet. Il permettra d’irriguer 5.000 ha de terres agricoles.

Cette plateforme va créer 10.000 postes d’emplois avec une production prévisionnelle de 500.000 tonnes des primeurs. Le réseau d’irrigation est prévu sur un linéaire de 115 kilomètres. Le coût des travaux est estimé à pratiquement 2 milliards de dirhams.