Diplomatie: le maroc a fait d’une pierre plusieurs coups

Diplomatie: voici comment le Maroc a fait d’une pierre… trois coups




La révélation par le royaume du Maroc de la présence de Brahim Ghali, alias Mohamed Benbatouche, sur le territoire ibérique a mis à nu l’hostilité viscérale des généraux algériens, la complicité espagnole, l’hypocrisie de l’Union européenne et le laxisme de la justice.




À travers sa gestion de la crise avec l’Espagne, le Maroc a montré, encore une fois, l’efficacité de sa diplomatie et de ses services de renseignement en acculant les gouvernants de ce pays à commettre moultes erreurs dans l’affaire Benbatouche.

Du coup, le royaume a resserré l’étau sur Brahim Ghali, embarrassé l’Espagne au sein de l’UE et noyauté les services de renseignement militaire algériens.

Le quotidien arabophone Al Ahdath Al Maghribia rapporte que toute cette opération a été suivie, minute par minute, par les services marocains dès que l’avion qui transportait le chef polisarien a atterri sur un aéroport militaire espagnol.

C’est ainsi que les détails de la complicité algéro-espagnole ont été mis à nu par le ministère des Affaires étrangères marocain dans ses communiqués et déclarations. L’ambassadeur directeur des affaires politiques, Fouad Yazough, a ainsi confirmé l’ingérence de quatre généraux algériens.




Il a demandé l’ouverture d’une enquête transparente sur les tenants et aboutissants de cette affaire.

Mieux encore, le diplomate a laissé entendre que le Maroc dispose d’informations secrètes, voire de surprises choquantes sur l’opération du transfert de Brahim Ghali par les services de renseignements algériens et de espagnols, et ce depuis son départ d’Alger et jusqu’à son arrivée sur le sol espagnol.

L’affaire Benbatouche, ajoute Fouad Yazough, n’a pas porté préjudice au seul partenariat maroco-espagnol mais elle a montré que l’Espagne a choisi d’accueillir un criminel de guerre qui a torturé et tué des innocents au lieu d’être l’avocat de ses victimes, de surcroit ressortissants espagnols.

Au lieu de réparer ses erreurs, l’Espagne a préféré la fuite en avant pour accuser le royaume du Maroc de chantage et d’agression en exploitant le déferlement des migrants dans la ville occupée de Sebta.




Le ministre des Affaires étrangères, Nacer Bourita, a dénoncé les propos choquants et inadmissibles proférés par des medias et parfois par de hauts responsables espagnols. Les termes employés dans cette campagne de dénigrement, poursuit-il, comme «chantage», «agression» et «pays en développement» doivent pousser certains milieux en Espagne à réactualiser leurs informations sur le Maroc.

Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte que le ministre Bourita a indiqué que l’Espagne a essayé de détourner l’attention de l’opinion publique sur la véritable cause de la crise maroco-espagnole.

En réalité, ajoute-t-il, l’Espagne a préféré comploter avec les ennemis du royaume sur une question considérée par les Marocains comme une cause nationale sacrée.

Pour sa part, l’ambassadrice du Maroc à Madrid, Karima Benyaich a mis en garde l’Espagne contre le recours à l’exfiltration de Brahim Ghali comme elle l’a fait, en catimini, en l’accueillant sur son territoire.




Autant dire, ajoute-t-elle, que cette crise constitue un véritable test de la crédibilité du discours en vogue, ces dernières années, sur le partenariat stratégique et le bon voisinage entre les deux pays.

La présence d’un criminel de guerre sur le sol ibérique constitue un véritable examen pour l’indépendance de la justice dans ce pays, indique l’ambassadrice.

Sauf que malgré la multiplicité des plaintes contre le tortionnaire en chef du Polisario, la justice espagnole a surpris tout le monde en le convoquant pour le 1er juin tout en le laissant libre de ses mouvements, au risque de le voir prendre la fuite.

Après avoir mobilisé les sphères politiques et médiatiques pour affronter le royaume du Maroc via l’immigration illégale vers les villes occupées de Sebta et Melilla, tout en impliquant l’Union Européenne dans cette crise, l’Espagne essaye par tous les moyens de minimiser ses pertes dans cette affaire.




C’est ainsi que le ministère des Affaires étrangères espagnol a adressé une note à toutes ses ambassades dans l’UE dans laquelle il leur demande de répondre à l’offensive diplomatique marocaine en affirmant que le fond de la crise migratoire de Sebta est profondément lié au dossier du Sahara.

L’hypocrisie espagnole n’a pas de limite En effet, cette même note déplore que des jeunes et des enfants ont risqué leur vie en mer pour rejoindre la ville occupée de Sebta.

La ministre des Affaires étrangères espagnole, le gouvernement, les médias et l’UE n’ont même pas honte de fermer les yeux et de cautionner ainsi les violences inouïes de la guardia civil à l’encontre de ces enfants et de ces femmes.

Des scènes dignes des dictatures bananières qui ont été relayées par toutes les chaînes du monde ainsi que par les réseaux sociaux mais qui n’ont pas ému les pays européens qui se targuent d’être les chantres des droits humains.