(Vidéo) L’avion qui devait «rapatrier» Brahim Ghali en Algérie a fait demi-tour

(Vidéo) L’avion qui devait «rapatrier» Brahim Ghali en Algérie a fait demi-tour




Entendu pour la première fois par la Justice espagnole, le chef du Polisario est obligé de rester en Espagne tant que son affaire est en cours d’instruction. Parti le chercher ce matin depuis Alger, un avion du gouvernement algérien est rentré bredouille.

Le juge Santiago Pedraz et Brahim Ghali





Brahim Ghali, et ses protecteurs, tablaient sur une audition express, pour la forme, suite à laquelle il devait quitter illico presto l’Espagne pour l’Algérie. Il n’en a rien été. Du moins pour le moment. D’après l’agence Reuters, le chef du front Polisario a été sommé par la Justice espagnole de rester en Espagne.

Le temps pour celle-ci d’évaluer la portée des plaintes, nombreuses, dont il fait l’objet dans ce pays. La prolongation du séjour du chef des séparatistes en Espagne est d’autant plus plausible qu’un avion du gouvernement algérien a quitté tôt ce matin Alger pour l’aéroport de Logroño afin de le récupérer.

C’est ce qu’indique le site d’information espagnol El Confidencial. «Cependant, lorsque l’avion a atteint les hauteurs d’Ibiza, il a fait demi-tour vers Alger», précise le site espagnol.




«L’avion, un Gulfstream 2000, a décollé d’Algérie vers 8 heures du matin pour l’aérodrome d’Agoncillo, à quelques kilomètres de Logroño. Mais, vers 9h30, alors que l’avion survolait l’île de Formentera, il a effectué un virage à 180 degrés et a entamé son retour à Alger sans atterrir en Espagne», détaille El Confidencial.

Le juge d’instruction a spécifié que Brahim Ghali devra rester «localisable» tant que l’affaires est en cours. Il doit pour cela fournir un numéro de téléphone et une adresse sur lesquels il pourra rester joignable.

L’étau se resserre donc contre celui qui se pensait en promenade de santé, même si le juge d’instruction n’a pas retenu de mesures préventives ou de retrait de passeport contre lui, au motif qu’il n’existait pas de raisons de croire à un risque de fuite du concerné.




Devant le juge d’instruction Santiago Pedraz, par écrans interposés et par visioconférence, ce mardi 1er juin, depuis l’hôpital San Pedro de Logroño où il séjourne, le chef du groupe séparatiste armé Brahim Ghali a, sans surprise, nié les faits (crimes de guerre, torture, viols…) qui lui sont reprochés. Il croyait ainsi pouvoir l’échapper belle.

Mais il devra attendre encore. Son attente risque de remettre au goût du jour le dossier le plus accablant contre lui: celui de l’assassinat de 281 Espagnols au large des îles Canaries.

L’association canarienne qui représente ces victimes (l’Acavite, l’Association canarienne des victimes du terrorisme) s’étonne à juste titre que sa plainte ait été maintenue aussi longtemps en souffrance dans les tiroirs de la Justice espagnole. Pour combien de temps encore?