Les États-Unis devraient juger le Polisario pour des crimes commis contre ses ressortissants

Quand le Polisario abattait un avion civil des Etats-Unis, tuant cinq américains en 1988




Il n’y a pas que l’Espagne qui refuse de juger le Polisario pour des crimes commis contre ses ressortissants. Les États-Unis sont également logés à la même enseigne.




L’affaire Brahim Ghali a montré, au grand jour, les réserves voire le refus de l’Etat espagnol d’ouvrir le dossier des attaques terroristes menées par le Polisario contre des intérêts et des ressortissants espagnols, qu’ils soient civils ou militaires.

Ghali a été autorisé à quitter le pays, au grand dam des associations des victimes du terrorisme du mouvement séparatiste durant les années 1970 et 1980.

Des ONG, telle que l’Association canarienne des victimes du terrorisme (ACAVIT), ont réclamé en vain la mise en détention du secrétaire général du Front. Le silence du voisin ibérique sur les crimes commis par le Polisario continue de soulever des interrogations sur ses motivations.




Ceci malgré les faits et les preuves historiques. Ce silence n’est d’ailleur pas l’unique en son genre. De l’autre côté de l’Atlantique, les Etats-Unis sont également muets, depuis plus de trois décennies, sur des attaques des milices du Polisario ayant visé des ressortissants et des intérêts américains.

En décembre 1988, deux avions de l’Agence américaine de développement (USAID) engagés dans la lutte antiacridienne au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal, ont été la cible de tirs de missiles sol-air.

Un appareil s’est alors écrasé de l’autre côté du mur de sécurité, avec à son bord cinq membres de l’équipage. Il s’agit de ressortissants américains, tous tués.




Après avoir nié, le Polisario a avancé une «erreur»

Le bilan aurait pu être plus lourd. Le deuxième avion a eu plus de chance. Légèrement touché par un missile du même type, il a atterri à l’aéroport de Sidi Ifni au Maroc, sans grands dégâts, selon des médias américains qui ont rapporté les faits en 1988.

Une fois la nationalité des victimes identifiée, le Polisario a, dans un premier temps, nié que ses éléments ont abattu les deux avions de l’USAID.

Le 10 décembre 1988, le mouvement séparatiste a dû revoir sa position et reconnaitre enfin sa responsabilité, rapporte le Washington Post. «C’était une erreur causée par une pure coïncidence, conséquence des conditions de la guerre existant dans la région».




C’est ce qu’indiquait le Front dans un communiqué. Le texte osait pointer une responsabilité des Forces armées royales marocaines.

Le mouvement séparatiste armé a souligné que son «unité de reconnaissance a été sous les bombardements constants de l’armée de l’air marocaine et elle a réagi en ouvrant le feu sur les avions» de l’USAID, toujours selon le Washington Post.

La direction du Front avait qualifié l’attaque de deux petits avions civils, DC7 propriété d’une compagnie en Arizona, «d’incident tragique». La direction du Front a exprimé alors ses «plus profonds regrets» et sa «plus profonde tristesse» aux Etats-Unis, a rapporté The New York Times.




Et d’annoncer que ses éléments ont localisé l’épave de l’avion et récupéré les corps des victimes. Le groupe séparatiste armé Polisario s’était dit, par ailleurs, convaincu que «ce tragique et malheureux accident n’entravera pas les relations entre le Polisario et les États-Unis».

À Washington, le FBI avait ouvert une enquête préliminaire et il avait annoncé que l’avion se trouvait bien dans un couloir de l’aviation civile internationale.

Depuis, l’enquête a été reléguée aux oubliettes. Pourtant, le FBI a la compétence pour mener des investigations sur les crimes qui sont commis à l’étranger contre des citoyens ou bien contre des intérêts américains.