(Vidéo) Invité au sommet international « Berlin2 », le Maroc n’a pas fait le déplacement

(Vidéo) Invité au sommet international « Berlin2 », le Maroc n’a pas fait le déplacement




Invité au sommet international dit Berlin2, le Maroc n’a pas fait le déplacement à la capitale allemande. L’un des protagonistes de ce sommet, Salah Aguila, a tenu une conférence conjointe avec Nasser Bourita, jeudi 24 juin 2021 dans la nuit, à Rabat. Voici les principaux points à en retenir.




Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita a estimé «qu’il n’y a pas de solution berlinoise à un problème d’Afrique du nord», en référence à la conférence, dite Berlin2, qui s’est tenue mercredi 23 juin dans la capitale de l’Allemagne. Nasser Bourita a tenu ces propos dans le cadre d’une conférence de presse, tenue jeudi 24 juin à Rabat, à l’issue de ses entretiens avec le président de la Chambre des représentants libyenne, Salah Aguila.

Celui-ci a atterri à Rabat, après sa participation à la conférence de Berlin, dans un déplacement hautement symbolique pour souligner le rôle que joue le Royaume du Maroc dans la résolution du conflit libyen.

«Il n’y pas de solution berlinoise à un problème d’Afrique du nord. L’Afrique du nord a son propre contexte et a sa propre dynamique. Le Maroc connait ces dynamiques et c’est pour cela que sa contribution est d’abord celle d’accompagner les Libyens».




C’est ce qu’a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères, qui était interrogé lors d’une conférence de presse, tenue conjointement avec Salah Aguila. Le président de la Chambre des représentants libyenne est venu consulter le Maroc, au terme de sa participation à Berlin à la réunion sur la Libye, organisée le 23 juin.

«Suite aux instructions de sa Majesté le Roi, le Royaume du Maroc, a poursuivi le ministre Nasser Bourita, a adhéré aux efforts entamés par les Libyens pour résoudre la crise».

«C’était dès le début [du conflit, Ndlr] avant même que ces sommets et ces réunions ne se tiennent, partant de sa conviction essentielle que la Libye est un pays maghrébin frère et que sa stabilité intéresse le Maroc et que le soutien à la Libye intéresse le Maroc, c’est-à-dire que l’union des Libyens et leur stabilité intéressent au premier degré le Maroc».




Le chef de la diplomatie marocaine a insisté sur le fait que «le rôle du Maroc n’a pas débuté avec Berlin et ne se terminera pas avec Berlin». Et de préciser: «le Maroc ne change pas sa position en fonction d’une invitation ou d’une absence [de la réunion de Berlin, Ndlr] car, dès le départ, le Maroc a estimé que la mesure qui a conduit à ne pas l’inviter à Berlin1 était une fausse approche».

Il faut préciser que le Maroc a été invité dans une lettre, conjointement signée par le ministre allemand des Affaires étrangères et le secrétaire général de l’ONU, à participer au sommet international, dit Berlin2, mais le Royaume n’a pas fait le déplacement en Allemagne, en dépit de l’insistance des Libyens.

À la question de savoir pourquoi le Maroc a été invité à Berlin2 a contrario de Berlin1, le chef de la diplomatie marocaine a demandé à ce que l’on «pose cette question aux autres», c’est à dire aux Allemands.




Et de s’interroger: «qu’est ce qui a changé depuis Berlin1 et quelles sont les causes qui ont conduit à ne pas inviter le Maroc à la première [conférence, Ndlr] et quelles sont les raisons qui ont poussé à l’inviter cette fois-ci?». Cette question «n’est pas destinée au Maroc», a-t-il martelé devant de nombreux journalistes.

Et de poursuivre en citant le président du parlement libyen: «le Maroc, qu’il assiste ou pas à des congrès, ce n’est pas ce type de rôle qu’il cherche à jouer en Libye». «Son rôle, selon Nasser Bourita, c’est d’être aux côtés des Libyens et de les soutenir et d’accompagner les attentes des Libyens en vue de trouver une réelle solution à la crise. C’est ça le rôle du Maroc».

Le ministre a en outre rappelé que le Royaume a «toujours agi en premier lieu avec les institutions libyennes. La Libye n’est pas un gâteau diplomatique qui s’ajouterait à une carte de visite». Et de préciser que «ce sont les difficultés et les souffrances qu’endure la Libye depuis longtemps qui préoccupent le Maroc qui agit pour que le peuple libyen s’en sorte à travers des élections».




Le chef de la diplomatie marocaine a en outre mis l’accent sur le soutien qu’accorde le Maroc à «l’effort onusien». «Notre pays agit dans le cadre de ce que l’ONU décide pour la Libye, et cela en conformité avec la feuille de route au sujet de laquelle les parties libyennes se sont mises d’accord, et du rôle que jouent les institutions légales libyennes dans la mise en œuvre de cette feuille de route», a souligné le ministre marocain.

«Le Maroc écoute les Libyens et agit en fonction de ce qu’ils souhaitent. C’est exactement là son rôle», a précisé Nasser Bourita.

Au cours de cette conférence de presse, le président du Parlement libyen de Tobrouk, Salah Aguila, a longuement insisté sur le rôle constant qu’accomplit le Maroc, Roi et peuple, dans la recherche d’une solution à la Libye.




«Qu’il participe ou pas à une quelconque réunion, le Maroc a toujours agi aux côtés des Libyens en vue de trouver une solution», a salué Salah Aguila, invitant le Maroc à aider la Libye dans la consolidation du processus politique visant «l’organisation des élections présidentielles et législatives en décembre prochain».

L’organisation de ces élection est «la vraie issue à la crise libyenne», selon Salah Aguila, qui a précisé que «le Royaume nous accompagne au quotidien et est en contact permanent avec nous pour atteindre cet objectif».

Enfin, en conclusion, le président du Parlement libyen de Tobrouk a déclaré: «nous comptons beaucoup sur le rôle et le soutien du Maroc pour tenir ces échéances à leur date prévue et permettre au peuple libyen de choisir ses représentants avec transparence et honnêteté».