La crise entre le Maroc et l’Espagne a passé le cap symbolique des 100 jours

La crise entre le Maroc et l’Espagne a passé le cap symbolique des 100 jours




Sur les traces de son ex-ministre des Affaires étrangères, Arancha González, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, met sa confiance en la «discrétion» pour tourner la page des tensions avec le Royaume du Maroc. Une approche que l’opposition ne partage pas et exige des résultats concrets.




La crise ouverte entre le Maroc et l’Espagne a passé le cap symbolique des 100 jours. Les espoirs en une reprise rapide des relations, notamment après le départ d’Arancha González Laya du ministère des Affaires étrangères, commencent à s’estomper. Un sujet qui préoccupe la classe politique et les médias ibériques.

Ce jeudi 29 juillet, Pedro Sánchez a présenté sa recette pour un retour à la normale avec Rabat. Lors d’un point de presse, il a préconisé essentiellement la «discrétion» pour régler les différends avec «un partenaire stratégique».

Le chef du gouvernement s’est montré très prudent en répondant aux questions des journalistes sur ce sujet, évitant de parler de «progrès». Sánchez a seulement réitéré sa confiance en la «discrétion» comme unique voie devant mener à la réconciliation avec Rabat.

Ce jeudi, il n’a pas laissé l’occasion passer non plus sans couvrir d’éloges le royaume. «Comme je l’ai dit à maintes reprises, le Maroc est, évidemment, un partenaire stratégique pour notre pays», rapporte l’agence de presse espagnole EFE.




Le PP exige des résultats concrets et non des paroles

En insistant sur la «discrétion», le chef du gouvernement espagnol semble tirer les leçons de l’emballement de son nouveau ministre des Affaires étrangères.

Le 15 juillet, José Manuel Albares confiait en effet au président du gouvernement local Melilla, Eduardo de Castro, que les négociations en vue d’une reprise des relations avec le Maroc «sont sur la bonne voie ». La réponse de Rabat à cette sortie ne s’est pas fait attendre.

Le 19 juillet, des «sources diplomatiques marocaines» affirment, dans des déclarations à La Razón, que le Maroc n’est pas encore prêt à tourner rapidement la page des tensions, expliquant qu’au préalable, plusieurs points doivent être discutés et des éclaircissements apportées sur la véritable cause de la crise diplomatique, à savoir les conditions de l’accueil de l’hospitalisation de Brahim Ghali, en Espagne.

Les mêmes sources révélaient, également, que le Maroc n’envisage pas un retour immédiat de son ambassadrice, Karima Benyaich, rappelée pour consultation le 18 mai. Un message que le nouveau chef de la diplomatie a parfaitement saisi.




Le 22 juillet, José Manuel Albares annonçait aux médias que son premier voyage officiel ne sera pas réservé à Rabat, comme s’attendaient des milieux politiques et économiques à Madrid, mais à Londres pour discuter avec son homologue britannique la question de Gibraltar.

La «discrétion» que prône, aujourd’hui, Pedro Sánchez a été adoptée par l’ancienne ministre des Affaires étrangères. Elle avait plaidé, dans une interview accordée le 15 juin à la radio Cadena Ser, pour «la discrétion et la prudence pour instaurer la confiance», avec le Maroc. Une approche que le Parti populaire, chef de file de l’opposition, ne partage pas.

La formation de droite exige, désormais, des résultats concrets. Avec un voisin «stratégique comme le Maroc», il faut aborder selon le PP des questions clés comme l’immigration ou la collaboration sécuritaire.

Les problèmes de cette nature «ne peuvent pas attendre jusqu’à septembre», a insisté dans des déclarations à l’agence Europa Press la porte-parole du PP à la Commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants, Valentina Martínez Ferro. «Si l’ami Maroc est fondamental, nous espérions qu’il (Albares) se mettrait au travail dès la première semaine. Mais il n’a rien fait», a-t-elle constaté.