Le Maroc va-t-il administrer une 3ème dose aux personnes déjà vaccinées?

Covid-19 : Le Maroc administrera-t-il une troisième dose aux personnes déjà vaccinées?




Si plusieurs pays annoncent une dose de rappel destinée aux personnes vulnérables, âgées ou malades, le Royaume du Maroc pourra également emprunter cette même voie, bien que la priorité pour le moment reste de «vacciner tout le monde».




Alors que le variant Delta du nouveau coronavirus touche désormais plusieurs pays, dont la Chine où les autorités ont décidé, ce mardi, de dépister à nouveau tous les habitants de Wuhan, plusieurs pays envisagent de renforcer davantage l’immunité de leurs citoyens, même ceux ayant déjà été vaccinés.

Ainsi, l’Allemagne compte proposer, dès le 1er septembre, l’administration d’une troisième dose du vaccin contre le Covid-19.

Il s’agit d’une «dose de rappel» destinée aux populations âgées et vulnérables mais aussi aux personnes n’ayant pas reçu de vaccin à ARN messager.

L’annonce du ministère allemand de la Santé fait suite à d’autres annonces similaires, au Royaume-Uni ou encore en Israël.

En France, la Haute autorité de santé (HAS) a confirmé, vendredi, qu’une dose de rappel reste envisageable pour les plus vulnérables et des plus âgés, en assurant qu’il n’y avait «pas lieu pour le moment» de proposer une troisième dose de rappel à l’ensemble de la population.




Une dose de rappel pour les sujets très âgés et ceux ayant une immunité diminuée au Maroc

Pour le cas du Maroc, aucune décision n’a été prise pour le moment. Mais le pays pourra opter pour cette même voie.

«Les indications pour une troisième dose concerne les sujets très âgés et ceux ayant une immunité diminuée.

Cette troisième dose ne sera pas administrée à tout le monde», déclare le Docteur Moulay Said Afif, président de la SMSM, président de la FNS et membre du Comité technique et scientifique de la vaccination anti-Covid.

«Pour l’instant, la priorité est de vacciner le maximum de personnes avec deux doses, puisque ces deux doses des vaccins administrés au Maroc protègent à 93%», assure-t-il.

S’agissant de la situation actuelle du pays, l’expert reconnaît que «la situation épidémiologique est alarmante».




«Deux indicateurs le confirment : le taux de remplissage des lits en réanimation, qui est passé de 5 à plus de 30%, ainsi que le nombre de décès puisqu’on enregistre 50 à 52 décès par jour», regrette-t-il.

«Malheureusement, la quasi majorité de ceux qui décèdent ne sont pas vaccinés. C’est d’ailleurs pour cela que nous demandons à nouveau aux gens d’aller se faire vacciner le plus tôt possible.

C’est un acte citoyen pour se protéger soi-même et protéger ses proches.»

Le membre du Comité technique et scientifique de la vaccination anti-Covid insiste aussi sur le respect des mesures barrières.

«Le non-respect et l’apparition du variant Delta aggraveront la situation». «Pour le variant Alpha, une personne porteuse du virus peut contaminer trois personnes.




Cela double avec le nouveau variant. Une personne porteuse du virus peut contaminer six personnes», met-il en garde.

Revenant sur l’obligation de vaccination, évoquée ces derniers jours, l’expert rappelle qu’il ne s’agit que «d’une recommandation» pour le moment.

«Il faut rappeler avant tout qu’il s’agit de la santé publique. Se faire vacciner est un geste citoyen.

Faut-il insister plusieurs fois pour que les gens préservent leur propre santé et leur propre vie ?

Il ne faut pas prendre à la légère sa santé et celle des autres», ajoute le médecin, qui rappelle que «les personnes non vaccinées ont une charge virale 1 000 fois supérieure et transmettent donc la maladie encore plus facilement».