Les médias algériens opposent une fin de non-recevoir à l’appel du Maroc

Les médias algériens opposent une fin de non-recevoir à l’appel du Maroc




Apparemment surpris par le discours du roi Mohammed VI, samedi dernier, et une nouvelle fois sa nouvelle main tendue pour un dialogue, le régime algérien a choisi de se dérober et de lâcher les médias proches du pouvoir pour répondre à sa place.




Maroc-Algérie. Qui mène réellement une guerre médiatique contre l’autre?

Alors que le régime algérien se plaint régulièrement de prétendues attaques de la part de la presse marocaine, voilà qu’avant même que le moindre responsable officiel parmi les autorités algériennes ne réagisse au discours prononcé par le roi Mohammed VI, samedi dernier, à l’occasion du 22e anniversaire de son accession au Trône, les médias algériens ont pris les devants.

Ils parlent d’une seule voix pour opposer une fin de non-recevoir à l’appel du Royaume du Maroc. Il ne fait pas de doute que la junte militaire au pouvoir a délégué aux médias aux ordre de répondre à la place des personnes autorisées.

Le plus modéré de ces médias commence son analyse du discours royal, en écrivant que «c’est à un moment inattendu que le roi du Maroc a tendu la main à l’Algérie, usant d’un discours apaisé et élogieux à l’égard de son voisin de l’Est».




Avant de conclure que «quoi qu’il en soit, le Maroc est allé trop loin ces derniers mois dans son hostilité vis-à-vis de l’Algérie et ce n’est pas un discours, aussi mielleux soit-il et même émanant d’un tel niveau de responsabilité qui peut changer fondamentalement la donne».

Ce raisonnement est à l’unisson de la position officielle algérienne, qui tente toujours de mettre en doute la sincérité du Maroc chaque fois que ce dernier lui tend la main du bon voisinage. Le plus extrémiste est Al Watan, journal «privé», connu pour être proche des services de renseignements algériens.

En effet, dans un article paru hier, lundi 2 août, Al Watan ne retient du discours royal qu’une seule phrase. Celle où le souverain rassure les Algériens, qui ne doivent pas craindre une malveillance de la part du Maroc (…).

La sécurité et la stabilité de l’Algérie (…) sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc» et qui lui sert de trame pour qualifier le Maroc d’agresseur ayant déclaré la guerre à l’Algérie.




Se référant à l’affaire Pegasus, une tempête dans un verre d’eau, ainsi qu’aux déclarations du diplomate marocain Omar Hilale sur la Kabylie, Al Watan écrit, sur un ton martial, que le Maroc s’est livré «à deux véritables agressions contre l’Algérie qui s’apparentent beaucoup plus à une déclaration de guerre».

Malgré toutes les assurances données par le souverain, qui a clairement et solennellement déclaré à l’adresse de l’Algérie qu’elle n’a rien à craindre du Maroc ni rien à perdre en établissant des relations bilatérales normales avec lui, et qu’au contraire elle a tout à gagner avec l’ouverture des frontières entre les deux pays, Al Watan estime qu’il s’agit là d’une «diversion».

Selon lui, l’Algérie doit maintenir ses frontières fermées, car ce statu quo a été «une catastrophe pour l’économie marocaine».

Une thèse reprise par la majorité des journaux algériens.




Pour d’autres journaux encore, c’est plutôt le langage des médias d’États voyous et faillis qui est adopté. L’Expression, L’Indépendant, Echourouk… ont en effet rivalisé d’insultes à l’égard d’un Maroc qui serait «en difficulté» et qui se retrouve acculé à tendre la main pour lancer un SOS vers l’Algérie.

Un journal algérien a même osé écrire: «étouffé et au bord de la banqueroute, le Maroc n’espère rien moins qu’une salvatrice bouffée d’oxygène de la part de l’Algérie à travers la réouverture de nos frontière».

Alors même que c’est bel et bien l’Algérie qui manque cruellement d’oxygène, laissant à l’abandon des centaines de citoyens atteints du Covid-19, qui meurent asphyxiés en ce moment même, parce que les services de l’Etat ne sont pas en mesure de les oxygéner.

D’autres journaux versent dans l’insulte, ou carrément la paranoïa. Un tour des titres des principaux journaux donne une idée sur la réception faite par Alger à la proposition du Souverain.




«Nouvelle provocation», «le roi de l’hypocrisie», «une feinte du Maroc pour réparer une image abîmée», «le mauvais voisin, obséquieux», «le tortionnaire essaie d’apparaître en victime», «une autre manœuvre du roi du Maroc»…

N’en jetez plus. Tant que les généraux dirigent l’Algérie et désignent des présidents pour la façade, il n’y a rien à attendre du voisin de l’est. Le peuple algérien mérite tous les égards des Marocains.

Mais ce peuple algérien est opprimé par la junte militaire au pouvoir, qui continue de répandre sa propagande sur le Royaume, un pays qui serait peuplé de mendiants, de prostituées, de narcotrafiquants et de crève-la-faim. Ce régime ne permettra jamais aux Algériens de se déplacer en masse au Maroc.

La comparaison sera mortelle pour les généraux qui dirigent le pays. C’est donc sans surprise que le régime algérien accorde la même réponse qu’aux précédentes mains tendues par le Royaume: niet. Avec ce régime, il faut se préparer et s’attendre au pire. Mais cela, le Maroc l’a compris il y a déjà bien longtemps.