La Rochelle: hommage à un SDF marocain tué à coups de couteau

La Rochelle : hommage à un SDF marocain tué à coups de couteau




Une marche blanche est organisée à La Rochelle pour rendre hommage à Saïd, un SDF marocain retrouvé mort le 6 août dernier sur le site de la friche industrielle du Gabut. La police judiciaire poursuit l’enquête ouverte suite au décès du quadragénaire. De son côté, Jamila, la sœur de la victime, veut récupérer le corps de son frère, actuellement à l’hôpital de Poitiers, pour l’enterrer à Meknès, au Maroc.




Le corps sans vie de Saïd Ghame, un Marocain sans-abri de 48 ans, a été découvert le 6 août dernier sur le site de la friche industrielle du Gabut, tout près de la tour Saint-Nicolas, sur le Vieux-Port de La Rochelle, rapporte France Bleu.

L’autopsie a révélé que le quadragénaire a été tué de dix coups de couteau. Les amis marginaux du défunt ont décidé d’organiser une marche blanche ce vendredi à 20 h à La Rochelle pour rendre hommage à un homme «qui protégeait tout le monde».

Le point de départ de cette marche est la place du commandant de la Motte-Rouge. Cette initiative est saluée par Jamila, la sœur de la victime, qui va, elle aussi, participer à la marche. Celle-ci a été informée du décès de son frère alors qu’elle était en pleines vacances au Maroc avec sa famille.




Aussitôt, elle est rentrée en France, toute seule. «C’est mon grand frère, mais pour moi c’est mon petit frère. Nous sommes sept frères et sœurs, et il n’y a que nous deux qui vivions en France.

Saïd, c’était la joie de la famille !», dit-elle. Elle sera surprise de découvrir que son frère était sans abri depuis 13 ans. «À aucun moment, on n’a eu le moindre signe que mon frère était sans-abri. Sur les photos qu’il nous envoyait, il est toujours propre, toujours bien habillé.

Et puis il touchait une pension pour un handicap, donc je pense que c’était son choix de vivre comme ça.» Ce père de famille a commencé à vivre dans la rue après un divorce difficile. Il s’est lié d’amitié aux marginaux de La Rochelle afin de se reconstruire.




Ceux-ci lui ont d’ailleurs rendu hommage. «Personne n’a dit quelque chose de mal sur Saïd. Ici, il protégeait tout le monde. Quand quelqu’un avait faim, il lui donnait une baguette.

Quelqu’un qui n’a pas de logement, il le logeait dans un squat qu’il gérait près du centre-ville. Cela me donne tellement de fierté ! Ce qui me fait de la peine malgré tout, c’est qu’il a protégé tout le monde, mais qu’il ne s’est pas protégé lui-même», confie Jamila qui les a rencontrés.

À La Rochelle, elle a déposé plainte au commissariat. Selon le parquet de la ville, la police judiciaire et la sûreté départementale sont à pied d’œuvre pour identifier le meurtrier du marginal. En attendant, Jamila veut récupérer le corps de son frère, pour l’enterrer à Meknès.