Vers la fin du gazoduc Maghreb-Europe ?

Vers la fin du gazoduc Maghreb-Europe ?




La tension qui prévaut entre le Maroc et l’Algérie pourrait provoquer la fin de la concession du gazoduc Maghreb-Europe (GME) reliant le pays voisin à l’Espagne. Si le royaume du Maroc a donné sa position sur son renouvellement, Alger tarde à le faire. Sa position pourrait être défavorable.




« La volonté du Maroc de maintenir cette voie d’exportation a été clairement affirmée de manière constante, à tous les niveaux, depuis plus de trois ans », a déclaré Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) dans une interview à la MAP.

Une déclaration qui a coupé court aux rumeurs faisant état de ce que le Maroc aurait décidé d’empêcher l’approvisionnement de l’Espagne à la fin du contrat.

Redoutant une décision défavorable du royaume, l’Algérie a pris certaines dispositions pour assurer le transport des quantités du GME via le Medgaz.

En juillet, le président de la compagnie nationale d’énergie algérienne (Sonatrach), Tewfik Hakkar, et le président de la société espagnole Naturgy avaient officialisé l’accord pour la mise en service de l’extension de Medgaz, le gazoduc sous-marin entre l’Algérie et l’Espagne.




« Même en cas de non-renouvellement de ce contrat qui prend fin en octobre prochain, l’Algérie pourra fournir l’Espagne, mais également répondre à une éventuelle demande supplémentaire du marché espagnol sans aucun problème », a rassuré Tewfik Hakkar.

L’Algérie n’a pas pour l’instant donné sa position sur le renouvellement du contrat.

« Vu les résultats de la réunion du Haut conseil de sécurité (HCS) sur le Maroc, il est difficile de croire à un renouvellement du contrat de ce gazoduc », déclare à TSA un expert pétrolier algérien.

De plus, la philosophie derrière le GME est noyée en raison de la crise diplomatique entre les deux pays voisins.

« Le gazoduc Maghreb-Europe a été conçu par l’Algérie comme un engagement de sa part en faveur de la construction du grand Maghreb, rappelle l’expert algérien.

On aurait pu le passer directement sous la Méditerranée, mais l’Algérie a préféré transiter par le Maroc pour permettre à ce pays de tirer profit de ce projet ».




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