Convoqué par le ministre algérien des Affaires étrangères, l’ambassadeur du Maroc n’a pas donné suite

Convoqué par le chef de la diplomatie algérienne après l’annonce de la rupture des relations, l’ambassadeur du Maroc n’a pas donné suite




Après sa tonitruante, mais attendue, annonce de la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat, le ministre algérien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Maroc en Algérie. Ce dernier a opposé une fin de non-recevoir à une requête à la fois absurde et anti-diplomatique.




Peu de temps après avoir rendu publique la décision du régime algérien de rompre ses relations diplomatiques avec le Maroc, Ramtane Lamamra a convoqué l’ambassadeur du Royaume à Alger, Lahcen Abdelkhalek à qui devait succéder Mohamed Ait Ouali qui ne rejoindra donc pas Alger.

Lahcen Abdelkhalek n’a pas donné suite à la requête du chef de la diplomatie algérienne, apprend le360 de ses sources. «La fin de non-recevoir de l’ambassadeur du Maroc est compréhensible.

Le ministre algérien des Affaires étrangères aurait dû convoquer l’ambassadeur du Royaume avant la conférence de presse où il a annoncé la rupture des relations diplomatiques entre Rabat et Alger.

Pas après la conférence de presse. Cela ne se fait pas en diplomatie!», commente un ancien diplomate.




À peine revenu aux affaires le 7 juillet dernier, voilà déjà que Ramtane Lamamra, 70 ans, signe, le 24 août, l’acte anti-diplomatique par excellence: la rupture des relations diplomatique avec un pays voisin.

Ce diplomate soi-disant chevronné est donc revenu aux affaires pour faire de la non-diplomatie. Quelle prouesse!

En acceptant de nouveau le portefeuille qu’il occupait avant Sabri Boukadoum, Ramtane Lamamra est revenu, en vérité, par la petite porte.

De super ministre, qui avait le statut de ministre d’Etat, et même de vice-Premier ministre, du temps où il dirigeait la diplomatie algérienne sous Bouteflika, il accepte un grade inférieur pour servir sous l’ère Tebboune: il n’est plus qu’un simple ministre.




Visiblement affaibli par la gifle que lui a infligé Washington, qui s’est opposé à sa nomination en tant qu’envoyé onusien en Libye, Lamamra était prêt à toutes les concessions pour reprendre du service.

Ayant une fenêtre de tir très étroite, et un cahier des charges bien précis, rédigé par la junte militaire, Ramtane Lamamra a fait le job pour lequel il a été mandaté: envenimer davantage les relations avec le Maroc.

Rompre les relations entre l’Algérie et le Maroc est une tautologie. Les relations entre les deux pays n’étaient déjà pas normales:

frontières terrestres fermées depuis 1994, échanges commerciaux inexistants, et, depuis 2012, aucun ministre ou secrétaire d’Etat qui ne s’est rendu à Alger ou à Rabat, sans compter de multiples contacts interrompus, des vols suspendus…




La relation entre les deux pays a ainsi été vidée de toute substance. Les ambassades n’étaient là que pour gérer la crise. Du coup, qu’est-ce qui a été rompu, au juste? Des relations qui n’existaient déjà pas?

La décision annoncée hier par Lamamra, ne change pratiquement rien à la nature des relations entre Rabat et Alger.

En revanche, la junte au pouvoir isole davantage l’Algérie, pays dont les seules frontières stables et sécurisées sont celles qu’il partage avec le Maroc.

Les frontières de ce pays sont déjà fermées avec la Libye, le Tchad et le Mali. Avec l’annonce de la rupture de ses relations avec le Maroc, l’Algérie accentue son isolement et donne des indices très inquiétants sur un pouvoir qui prend des décisions absurdes.