Rupture unilatérale du GME par Alger: le Parlement européen saisit Borrell

Rupture unilatérale du gazoduc Maghreb-Europe par Alger : le Parlement européen saisit Josep Borrell




Après les réactions, par voie de médias, de plusieurs députés européens suite à la décision unilatérale d’Alger de ne pas reconduire le contrat d’approvisionnement de l’Europe en gaz via le gazoduc Maghreb-Europe (GME), le Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et la sécurité Josep Borrell a été officiellement saisi sur cette question par le Parlement européen.




Dans une question écrite adressée par l’eurodéputé Antonio Tajani, ancien président du Parlement européen, et l’europarlementaire Massimiliano Salini, le chef de la diplomatie européenne a été interpelé au sujet de cette décision unilatérale de l’Algérie qui met en péril les intérêts stratégiques de l’Europe.

«La décision unilatérale de l’Algérie d’interrompre les relations commerciales avec Rabat soulève d’importantes questions sur la dépendance énergétique de l’Union européenne, notamment au vu de l’augmentation des prix des matières premières et, en particulier, du gaz naturel, qui a un fort impact sur les factures d’électricité et de gaz des citoyens européens», écrivent les deux eurodéputés.

Rappelant que le gazoduc Maghreb-Europe a été construit avec des fonds de la Banque européenne d’investissement, les deux députés européens s’interrogent si la Commission européenne va engager des discussions avec le gouvernement algérien pour obtenir une extension de l’utilisation du gazoduc Maghreb-Europe assurant ainsi la sécurité d’approvisionnement énergétique de l’Union européenne.

Les deux eurodéputés demandent également à M. Borrell quelles actions diplomatiques entend-il mener pour faire face à la crise entre l’Algérie et le Royaume du Maroc, à l’origine du non-renouvellement du contrat du gazoduc Maghreb-Europe.

L’Algérie a annoncé, le 31 octobre dernier, sa décision de ne pas reconduire l’accord sur le gazoduc Maghreb-Europe.

Cet acte unilatéral est considéré par nombreux observateurs et hommes politiques européens comme un chantage de la part d’Alger envers l’Europe, suite notamment à l’adoption par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies de sa dernière résolution qui vient consolider les acquis du Royaume concernant la question du Sahara marocain.