Fermeture de la frontière Maroc-Algérie: un coup dur pour de nombreuses familles

Fermeture de la frontière entre le Maroc et l’Algérie: un coup dur pour de nombreuses familles




27  ans que la frontière entre le Maroc et l’Algérie reste hermétiquement fermée et n’est ouverte que de façon exceptionnelle, à de rares occasions.

Un coup dur pour de nombreuses familles tant marocaines qu’algériennes, qui doivent se contenter de voir leurs proches de loin sans pouvoir les toucher.

« On est si près mais si loin », soupire la Marocaine Fatima Chaaoufi en regardant au loin le village algérien où vivent ses proches, qu’elle n’a plus revus depuis des années.

Comme Fatima, beaucoup n’en peuvent plus de cette discorde entre les deux alliés d’hier, aujourd’hui divisés sur de nombreux points. En 1994, lorsque l’Algérie fermait la frontière, personne n’avait pensé que plus de 25  ans après, la situation serait toujours ainsi.




Fatima n’a pas pu se rendre aux obsèques de son frère cadet décédé et enterré il y a un mois dans un village algérien situé non loin d’Oujda, rapporte TV5 Monde.

« Quand j’ai appris sa mort, je n’ai pas pu me contrôler. J’ai couru jusqu’aux barbelés (de la frontière). On a essayé de me retenir mais c’était plus fort que moi », raconte-t-elle au bord des larmes.

« J’ai regardé de loin le cortège funèbre, impuissante et en pleurs, alors que j’aurais pu y être si la frontière n’était pas fermée », précise-t-elle.

« Quel dommage de voir deux peuples frères séparés par des décisions politiques », déplore Bachir Chaouch, né en 1951 à El Amria, en Algérie, mais rentré à Oujda avant l’indépendance de l’Algérie en 1962.




Il condamne une décision absurde qui lui a fait perdre une partie de sa famille. « Pourtant, avant (1994), c’était différent, on allait voir nos familles, les affaires se portaient bien, jamais on aurait pensé qu’on en arriverait là », confie-t-il, nostalgique.

Ceux qui vivaient principalement de la contrebande, se souviennent encore de la bonne ambiance qui régnait à la frontière entre les deux pays.

« C’était la belle époque. On travaillait des deux côtés de la frontière en ramenant du carburant d’Algérie et en vendant là-bas des vêtements », raconte Mohamed Haddouri.

Depuis de nombreuses années, il n’a plus eu la chance de revoir sa famille. « Aujourd’hui, on vivote en élevant du bétail, mais ce n’est pas assez pour faire vivre mes enfants ».