Commémorations du 11 Novembre: colère injustifiée du recteur de la Grande Mosquée de Paris

Commémorations du 11 Novembre: la colère injustifiée du recteur de la Grande Mosquée de Paris




Dans un communiqué publié le 11 novembre sur Twitter, Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a vivement déploré que l’institution qu’il représente ait été « exclue de la cérémonie de commémoration de l’’armistice du 11 novembre ».




Grandement offensé, Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a estimé qu’il s’agissait d’un « mépris de l’histoire de notre institution liée à la guerre 1914-18 », et plus grave encore, d’une « humiliation pour les musulmans de France ».

Si l’on peut comprendre l’importance du lien historique entre la Grande Mosquée de Paris, la plus ancienne des mosquées de France, et la Première Guerre mondiale, et le symbolisme que revêt l’invitation élyséenne, puisque cet édifice a notamment été érigé en hommage aux soldats musulmans morts pour la France durant la Grande guerre (1914-1918), l’autre argument, selon lequel l’ensemble des musulmans de France ont subi un affront, car le recteur de la Grande Mosquée de Paris aurait été le grand oublié des cérémonies commémoratives de l’Armistice, est en revanche parfaitement outrancier.




Il ressort clairement que Chems-eddine Hafiz en a été personnellement mortifié, au point de se prendre pour ce qu’il n’est pas : la figure de proue des musulmans de France…

Or, après la publication de son communiqué, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) qui, lui, est véritablement l’instance officielle de l’islam de France, a immédiatement réagi sur Twitter, en publiant le carton d’invitation envoyé par le président de la République, avec le commentaire suivant :

« À ceux qui s’interrogent sur la supposée non invitation du représentant du culte musulman à la cérémonie du 11 novembre, il est à préciser que le président du CFCM y a bien été invité comme il l’a toujours été par le passé.» (voir ci-dessous).

Un rectificatif qui sonne comme un démenti cinglant opposé au recteur de la Grande Mosquée de Paris !








Contrairement à ce que prétendait Chems-eddine Hafiz, manifestement blessé dans son amour propre, les musulmans de France n’ont subi aucune humiliation, puisque Mohammed Moussaoui, président du CFCM, l’organe officiel représentant les musulmans auprès des autorités françaises, a bel et bien été invité par l’Elysée.

Le tweet du CFCM a immanquablement suscité le courroux du recteur de la Grande Mosquée de Paris, lequel, entre autres amabilités, a reproché vertement à Mohammed Moussaoui de chercher à « satisfaire son petit égo ».

« Le président du CFCM, qui ne pense qu’à lui n’est, même pas conscient de la symbolique de la Grande Mosquée de Paris. Ce qui lui attire la sympathie des aigris qui auraient souhaité occupé le prestigieux poste de Recteur. Minable !», a-t-il écrit, sous une plume trempée dans l’amertume…

Outre l’inélégance et l’irascibilité dont a fait preuve Hafiz, grand amateur de mondanités, il a projeté sur Moussaoui son propre égocentrisme. Emporté par la colère, qui est toujours mauvaise conseillère, ce dernier a oublié un léger détail…




La Grande Mosquée de Paris est un lieu de culte financé par l’Algérie, comme le déclarait sans ambages Mohamed Antar Daoud, l’actuel ambassadeur d’Algérie en France, en décembre 2020 : “La Grande Mosquée de Paris est d’abord algérienne et ne sera jamais autre chose et c’est ça le plus important”.

Chems-eddine Hafiz, dont tout le monde se souvient qu’il fut un ex-soutien fidèle de Bouteflika, ne représente en réalité que la Grande Mosquée de Paris, l’Algérie qui finance cette institution, et lui-même…

Si celui-ci, que l’on invite à un peu plus d’humilité, devait s’offusquer de quelque chose, c’est peut-être d’être la victime collatérale de la crise diplomatique entre l’Algérie et la France.

On ne peut être à la fois le représentant d’une mosquée algérienne, comme l’a asséné l’ambassadeur d’Algérie en France, et vouloir parler au nom des musulmans de France. Il est grand temps de sortir de cette ambiguïté malsaine, de cet islam consulaire, et d’avoir enfin un islam hexagonal affranchi de toutes les tutelles étrangères.








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