La bataille d’El Hri, une épopée rayonnante de l’histoire de la résistance nationale

La bataille d’El Hri, une épopée rayonnante de l’histoire de la résistance nationale




La célébration, lundi prochain, du 107ème anniversaire de la bataille historique d’El Hri est l’occasion de se remémorer les exploits et les sacrifices consentis par les vaillants combattants marocains en défense des intérêts suprêmes du pays et de ses constantes nationales au service de la liberté, de l’indépendance et de l’unité territoriale.





Dans un climat empreint d’enthousiasme, de mobilisation et de vigilance continus, la famille de la résistance et de l’armée de libération ainsi que les habitants de la province de Khénifra célèbrent lundi prochain, le 107ème anniversaire de la bataille d’El Hri qui incarne de la meilleure façon qui soit les valeurs de la lutte nationale et du militantisme des Marocains face aux campagnes expansionnistes des envahisseurs étrangers pour déployer leur emprise et asseoir leur contrôle sur les régions du Moyen Atlas en 1914.

Cette bataille mémorable est un des événements phares de l’histoire de la lutte et de la résistance armée nationale qui témoigne de la bravoure du peuple marocain et des sacrifices consentis pour recouvrer la liberté et l’indépendance après l’instauration du protectorat en 1912.

La région du Moyen Atlas et particulièrement la ville de Khénifra a été la cible de l’armée du colonisateur français après la conquête des plaines et des grandes villes du Royaume en 1914.




Ceci dans le but d’ouvrir la voie entre le Nord et le Sud. Cette région qui opposait une résistance farouche à l’armée du colonisateur, a fait l’objet de plusieurs campagnes militaires sans pour autant pouvoir mettre fin à la résistance conduite par Moha Ou Hammou Zayani, un des héros de la résistance nationale dont le militantisme, la bravoure et le sacrifice face à l’armée de l’envahisseur étranger sont inscrits en lettre d’or dans l’Histoire du Royaume.

Après la multiplication des attaques contre la ville de Khénifra et des villages avoisinant, Feu Moha Ou Hammou Zayani s’est réfugié sur les hauteurs entourant la ville de Khénifra et plus précisément dans le village d’El Hri en attendant de meilleures opportunités, surtout que le spectre de la première guerre mondiale planait sur toute l’Europe.

Dans la nuit du 13 novembre 1914, le colonel Laverdure a mené une opération d’envergure contre le camp des résistants dans le village d’El Hri en mobilisant tous les moyens militaires et logistiques dont il disposait ainsi qu’un très grand nombre de soldats.




Ainsi, quatre régiments composés de 1.300 soldats soutenus par l’artillerie lourde ont été dépêchés à 3 heure du matin au village d’El Hri pour surprendre les résistants marocains et encercler leur campement sauf que ces derniers ont livré une bataille féroce aux forces du colonisateur qui s’est rendu compte qu’il s’est enfoncé dans une spirale de feu sans issue.

Le village d’El Hri a constitué un véritable hécatombe pour les troupes coloniales françaises qui ont recensé la perte de 580 soldats et de 33 officiers ainsi que 176 blessés. Les valeureux résistants se sont emparés également d’une importante quantité d’armes, dont 8 canons, 10 mitrailleuses et une grande quantité de fusils.

Cette bataille a été qualifiée de désastre par les colons français, vu le nombre élevé des morts et des lourdes pertes matérielles qu’ils ont essuyées. Aussi, trois jours après la bataille d’El Hri, Feu Moha Ouhammou Zayani, à la tête de 3.000 combattants, a fait face à un autre assaut des colons français.




Ils étaient dépêchés depuis les plaines du Tadla pour venir en aide aux troupes encerclées à Khénifra. La défaite cuisante de l’armée de l’occupation française à El Hri a été qualifiée de vrai désastre par le Général Guillaume, un des officiers qui ont pris part à l’assaut sur le Moyen Atlas.

Dans son ouvrage intitulé ‘’les berbères marocains et la pacification de l’Atlas Central (1912-1933)’’, il écrit qu’il s’agit de la plus grande débâcle de l’armée française durant toute sa campagne en Afrique du Nord.

La bataille d’El Hri a eu lieu dans un contexte où les forces d’occupation, ayant dominé ce que le général Lyautey appelait ‘’le Maroc utile’’, ont envahi les régions Est et Ouest du Maroc à travers Taza (1914), avant de s’intéresser au Moyen-Atlas et plus particulièrement Khénifra, l’objectif étant de resserrer l’étau autour de cette ville qui constituait un avant-poste pour la résistance.




En se remémorant avec beaucoup de fierté la grande épopée que constitue la bataille historique d’El Hri, la famille de résistance et de l’armée de libération réitère sa position constante concernant la question de l’intégrité territoriale du Royaume, souligne la marocanité du Sahara et sa mobilisation face aux manoeuvres visant à porter atteinte à l’unité du pays et à sa souveraineté.

Dans le cadre de la célébration du 107ème anniversaire de la bataille d’El Hri, le Haut commissariat aux ancien combattants et membres de l’armée de libération organise, lundi à 11H00 un meeting dans la commune d’El Hri (province de Khénifra) en collaboration avec plusieurs acteurs locaux au cours duquel un hommage appuyé sera rendu à certains membres de la famille de la résistance.

Une conférence sera organisée à cette occasion sur le thème “la région de zayane, le territoire, l’histoire et la société” avec la participation d’une pléiade d’académiciens, de chercheurs et d’intéressés.