Maroc: vers l’officialisation de l’usage de l’amazigh au Parlement

Maroc: vers l’officialisation de l’usage de l’amazigh au Parlement




L’actuelle législature envisage prendre des dispositions légales pour officialiser l’usage de l’amazigh au Parlement. Ce chantier sera abordé juste après l’adoption du Projet de loi de finances 2022.




Il s’agira pour la chambre des Représentants de se doter d’outils nécessaires permettant à l’institution d’assurer l’interprétation en direct de ses travaux de l’amazigh vers l’arabe et vice-versa, rapporte le journal arabophone Al Ahdath Al Maghrebia.

Dès que le budget du parlement sera débloqué, la chambre des Représentants envisage d’acquérir les équipements nécessaires et conclura un contrat avec une agence spécialisée pour assurer la traduction instantanée des travaux de l’amazigh vers l’arabe et vice-versa.

« La formule permettra aux députés amazighs de s’exprimer en langue amazighe et aux autres de comprendre le contenu de leur intervention », indiquent les sources du quotidien.

Cette initiative est en harmonie avec la loi fondamentale qui dispose dans son article 5 que « l’arabe demeure la langue officielle de l’État. L’État œuvre à la protection et au développement de la langue arabe, ainsi qu’à la promotion de son utilisation.




De même, l’amazigh constitue une langue officielle de l’État, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception », précise le journal, citant les propos du président de la chambre des Représentants, Rachid Talbi Alami, au début de la rentrée parlementaire.

Pour rappel, l’ancienne mandature avait adopté en 2019 une loi organique sur l’officialisation de la langue amazighe et son emploi dans l’administration, les collectivités territoriales et les services publics pour assurer son intégration dans les divers domaines de la vie publique.

La question se fera de manière progressive avec une période transitoire, accordant un délai de 15  ans pour publier les textes législatifs et réglementaires au Bulletin officiel en amazigh.

Le même délai a été accordé aux collectivités territoriales, afin de diffuser leurs décisions et leurs délibérations en amazigh, précise le journal.