Le dernier moine rescapé du massacre de Tibhirine en Algérie inhumé au Maroc

Le dernier moine rescapé du massacre de Tibhirine en Algérie inhumé au Maroc




Le moine français Jean-Pierre Schumacher, dernier rescapé du massacre de sept trappistes à Tibhirine en 1996, en pleine guerre civile en Algérie, a été inhumé mardi dans un monastère de l’Atlas marocain, où il s’est éteint dimanche à 97 ans.

Le moine Jean-Pierre Schumacher avec le Pape François lors de sa visite au Maroc en 2019





« Le père Jean-Pierre avait le don de la paix et la sérénité. Il était doté d’une joie discrète et paisible qu’il a su transmettre tout au long de sa vie », a proclamé le cardinal Cristóbal López, lors des funérailles organisées dans la petite église du prieuré de Notre-Dame de l’Atlas à Midelt (centre du Maroc). Près d’une centaine de personnes, religieux et amis venus de tout le royaume ont fait le déplacement pour accompagner le moine trappiste dans sa dernière demeure. Jean-Pierre Schumacher, d’origine lorraine, avait échappé en 1996 à une mort ignominieuse lorsque sept de ses compagnons de l’ordre cistercien avaient été kidnappés au monastère de Notre-Dame de l’Atlas de Tibhirine (Algérie).




Ceci avant d’être assassinés et décapités dans des circonstances toujours non élucidées. La thèse officielle avancée à l’époque par Alger décrivait un enlèvement puis un assassinat, revendiqués par des islamistes du Groupe islamique armé (GIA), mais des doutes sérieux pèsent sur les services secrets militaires algériens qui seraient derrière ce massacre. Un autre survivant du drame, le frère infirmier Amédée Noto, est lui décédé en 2008 à l’abbaye d’Aiguebelle (sud de la France). Juste après le massacre, les deux moines ont rejoint un monastère dans la ville de Fès, la capitale spirituelle du Royaume du Maroc, avant de s’installer en 2000 à Midelt, où s’est réimplantée Notre-Dame de l’Atlas de Tibhirine, seul monastère cistercien du Maghreb.




C’est à Midelt, ville à la jonction du Moyen et du Haut-Atlas, que le père Schumacher avait élu domicile. « Il n’a jamais voulu la quitter, il a insisté pour y être enterré », témoigne José Luis, moine hôtelier de ce lieu de culte « unique en son genre en Afrique du nord ». Une quinzaine d’habitants de la région, qui ont côtoyé de près ou de loin Notre-Dame de l’Atlas, ont assisté à ses obsèques. « C’était un homme exceptionnel, d’une grande bonté », confie, émue, Hanane, originaire d’un village voisin, pendant la procession funèbre. Porté en terre dans le cimetière du monastère de Midelt, le moine a été décrit par le cardinal López comme l' »incarnation de la mémoire (de Tibhirine) et le garant de sa continuité ».