L’ex-jardinier marocain Omar Raddad se bat depuis 27 ans pour prouver son innocence

L’ex-jardinier marocain Omar Raddad se bat depuis 27 ans pour prouver son innocence




Condamné puis gracié en 1996 sans être innocenté pour la mort de Ghislaine Marchal, tuée le 23 juin 1991 à Mougins (Alpes-Maritimes), l’ex-jardinier marocain Omar Raddad dit tenir grâce à sa femme et ses fils.

L’examen de sa requête pour la révision de son procès aura lieu le 16 décembre prochain. Omar Raddad, 59 ans, se bat depuis 27 ans pour prouver son innocence.

Accusé du meurtre de Ghislaine Marchal, l’ex-jardinier marocain avait été condamné en 1994 à 18 ans de réclusion avant d’être gracié par l’ex-président français, Jacques Chirac sur intervention du roi Hassan II.

Il bénéficiera d’une libération conditionnelle en 1998 après sept ans d’incarcération. Omar est libre mais toujours coupable, car une grâce présidentielle n’annule pas une condamnation. La famille de la victime continue de le désigner comme l’unique coupable du meurtre de la riche héritière.




L’ex-jardinier continue de lutter. Sa défense a obtenu une demande de révision du procès, après la découverte des traces d’un ADN masculin ne lui appartenant pas.

« Le fait même qu’il se bagarre alors qu’il prend le risque d’un nouveau procès, le risque d’une nouvelle condamnation puisqu’à l’époque il avait bénéficié de circonstances atténuantes — on se demande pourquoi d’ailleurs — c’est vraiment qu’il est innocent.

Il n’y a que les innocents qui se battent comme ça, qui s’accrochent », commente son avocate Sylvie Noachovitch auprès de Gala. « Sa vie se résume » à sa détermination à prouver son innocence, précise-t-elle.

Elle a noté que son client « tient grâce à » sa femme et ses enfants. La famille vit à Toulon. Le couple a deux fils, l’un s’est enrôlé dans la Marine, l’autre travaille à la mairie. Une fierté pour Omar Raddad.




Ce dernier rend régulièrement visite à sa mère au Maroc. L’examen de la demande pour la révision de son procès est prévu le 16 décembre prochain.

« C’est une grande émotion de plaider devant la cour de révision parce que c’est un combat depuis 2008, un combat sans relâche, commente encore Sylvie Noachovitch. Son client, lui, dit avoir toujours confiance en la justice. « Je le trouve fragile, il est en douleur, c’est un écorché vif, tellement gentil.

Et qui a toujours confiance en la justice. Il me dit: « J’ai pas eu de chance, je suis tombé sur un juge dès le départ qui était persuadé que j’étais coupable et sur des gendarmes qui m’ont accablé.

Mais je sais qu’il y a de très grands juges et là on est devant de très hauts magistrats de cour de cassation, j’ai confiance. Je demande juste, comme tout le monde, d’avoir un second procès. C’est tout ».