La mésaventure d’un pilote français au Maroc

Le Royaume du Maroc ferme ses frontières : « Quelle histoire ! On a bien failli rester coincés là-bas »




Après l’annulation du Maroc Historic Rally, le pilote de Batz-sur-Mer, Michel Crespel, 69 ans, a bien failli rester coincé au Royaume du Maroc avec son épouse et ses deux mécaniciens. Le pilote s’apprêtait à vivre pour la 7e fois l’aventure du Maroc Historic Rally du 7 au 12 décembre 2021, quand tout a été annulé et que le pays a subitement fermé ses liaisons maritimes et aériennes, en raison de la reprise épidémique de Covid. « Quelle histoire ! On a bien failli rester coincés là-bas », souffle, ce vendredi 3 décembre, Michel Crespel tout juste rentré en ses terres de Batz-sur-Mer.




Rallye annulé

Après avoir avalé trois jours de route et une traversée Marseille-Tanger, le champion est arrivé à Essaouira le jeudi 25 novembre vers midi pour préparer cette compétition internationale. Là, il prend possession de la villa louée pour une dizaine de jours et commence à s’installer. Coup de tonnerre à 18h00, l’organisateur annonce que le rallye est annulé. Les participants sont priés de repartir alors qu’ils viennent d’arriver d’Europe, des USA, du Brésil, d’Argentine…

Course contre la montre

De peur de ne pas pouvoir retraverser la Méditerranée, Michel reprend immédiatement la route dans l’autre sens avec son équipage. Il enquille de nouveau 12 heures de voyage et roule toute la nuit pour gagner Tanger au plus vite. « Pour des jeunes comme nous, ça tire la peau », ironise a posteriori le compétiteur qui approche des 70 ans. Mais impossible de trouver un ferry pour lui, son épouse et ses deux mécaniciens. Il faut aussi pouvoir embarquer deux camions de 6 mètres et la remorque qui transporte sa légendaire R5 turbo de 300 chevaux, soit un attelage de 20 mètres. Alors Michel ferraille terriblement pour se sortir de cette affaire.




« Une chance inouïe »

Plutôt habitué à en découdre sur les pistes, il réussit cependant à faire intervenir le consul, l’ambassadeur et finit par pouvoir embarquer le dimanche, « probablement aussi grâce à l’appui des gens du rallye », suppose son fils Cédric. « On ne sait pas trop qui, quoi et comment. Mais ça a bougé. Franchement, rien n’était gagné. » Michel reconnaît avoir eu « une chance inouïe. Le lundi, tout était bloqué. Au port, il y avait une queue interminable et les gens qui n’ont pas pu embarquer étaient désemparés ». Il leur fallait trouver un hébergement en urgence, chercher une solution de retour…

Reste à se faire rembourser

En 2020, la même mésaventure avait failli arriver à Michel. Sauf qu’il avait été stoppé à Algésiras en Espagne car le Maroc avait déjà fermé ses frontières. En revanche, sa sœur, débarquée avant le pilote sur le territoire marocain, s’y était retrouvée coincée trois mois. De retour à Batz, le compétiteur s’engage dans un nouveau défi : se faire rembourser les frais engagés pour la course à laquelle il se préparait depuis trois ans. Il a aussi une autre envie : renouer vite avec la compétition !