France: réouverture du dossier de la condamnation d’Omar Raddad

France : Réouverture du dossier de la condamnation d’Omar Raddad




La justice française a décidé, ce jeudi 16 décembre, de rouvrir le dossier qui a mené à la condamnation en 1996 du jardinier marocain Omar Raddad, pour le meurtre de Ghislaine Marchal.

«C’est la première étape vers une éventuelle révision du procès», vingt-sept ans après le verdict décisif, a indiqué l’AFP en citant une source judiciaire. Avocate de l’homme qui a toujours clamé son innocence, Sylvie Noachovitch s’est félicitée devant la presse, indiquant que «la bataille n’est pas terminée».

Mis en cause à cause notamment de la désormais célèbre inscription «Omar m’a tuer» près de la victime, Omar Raddad avait bénéficié d’une grâce partielle en 1996.

Depuis quelques mois, de nouveaux éléments ont été apportés par la défense, suggérant que des traces ADN n’appartenant pas au jardinier et trouvées dans les inscriptions de sang pourraient mener vers le véritable assassin. La première demande de révision dans le cadre de l’affaire a été rejetée en 2002.




Mais cette nouvelle requête se base notamment sur le rapport d’un expert, qui en 2019 a effectué de nouvelles analyses de traces ADN découvertes en 2015 sur des scellés.

Les empreintes génétiques n’appartiennent pas à Omar Raddad et correspondent plutôt à quatre hommes. Deux d’entre elles «sont parfaitement exploitables, deux autres partiellement». L’une d’elles serait celle d’un individu déjà interrogé en 2018.

De plus, le rapport de l’expert qui a relevé 35 traces de cet ADN dans l’inscription «Omar m’a tuer» conclue en faveur de «l’hypothèse d’un dépôt de ces empreintes au moment des faits, et non d’une «pollution» ultérieure, notamment par les enquêteurs».

Les traces ont été retrouvées sur deux portes et un chevron de la cave dans laquelle le corps de la victime a été découvert. Me Sylvie Noachovitch a rappelé que «l’un des ADN s’est retrouvé mélangé au sang de la victime sur les écritures en lettres de sang. Dans ces conditions, on ne peut plus parler d’ADN de pollution».