L’économie marocaine: une relance progressive, mais sûre

L’économie marocaine: une relance progressive, mais sûre




L’économie nationale a fait montre, au cours de l’année qui s’achève, d’une vigueur exceptionnelle dans un contexte particulier lié à la crise sanitaire, grâce notamment aux avancées enregistrées en matière de vaccination et aux résultats très positifs de la campagne agricole.

Le Maroc devrait en effet enregistrer une croissance économique autour de 6,7% en 2021, soit l’un des taux les plus élevés dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Après une contraction de 6,3 % l’année dernière, l’économie nationale affiche des signes de convalescence progressive mais significative.

En agriculture, qui revêt une importance indéniable pour le pays, la dernière campagne agricole s’est soldée par une très bonne récolte estimée à quelque 103,2 millions de quintaux de céréales, en hausse de 221% par rapport à la précédente campagne et de 63% par rapport à la moyenne de cinq ans.

La valeur ajoutée agricole au titre de l’année 2021 devrait atteindre les 130 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de 18%. Ces performances ont assuré un approvisionnement régulier des marchés mais donné aussi un coup de pouce aux exportations du secteur agricole et agro-alimentaire.




Ceux-ci ont dépassé les 56 milliards de dirhams au terme des dix premiers mois de 2021, soit une augmentation de 9,1%. Une évolution qui fait suite à la consolidation des ventes à l’étranger de l’industrie alimentaire de 10,7% et des produits d’agriculture, sylviculture et chasse de 7%, selon des données récentes de la Direction des études et prévisions économiques (DEPF).

Pour sa part, le secteur de la pêche côtière et artisanale a réalisé une évolution globalement favorable cette année, avec des débarquements en hausse en valeur de 29% à fin octobre, grâce aux bonnes performances enregistrées par la quasi-totalité des segments.

Le secteur extractif a contribué lui aussi à la relance de l’économie nationale. Au terme des dix premiers mois de 2021, et sous l’effet de l’appréciation des prix à l’export, la valeur des ventes à l’étranger de phosphates et dérivés a atteint 61,16 milliards de dirhams, en hausse de 47,2%.

Fleuron de l’économie marocaine, l’industrie a fait preuve d’une bonne dynamique, en dépit de la crise sanitaire et des restrictions qui en ont découlé, grâce aux mesures de relance engagées au plus haut niveau de l’Etat.




Mais aussi grâce à la détermination des professionnels ayant fait preuve non seulement d’innovation et de créativité mais également de patriotisme.

Selon le Haut Commissariat au Plan (HCP), l’indice de la production des industries manufacturières hors raffinage de pétrole a enregistré une hausse de 3,3% au troisième trimestre de l’année par rapport à la même période de l’an dernier.

Le Haut Commissariat au Plan explique cette évolution par la hausse des indices de la production de la majorité des industries, notamment alimentaires, d’équipements électriques, de la métallurgie, du bois, d’habillement et pharmaceutique… à l’exception des industries automobile, chimique et manufacturières qui ont accusé des baisses.

L’automobile, secteur phare de l’industrie marocaine, a réalisé des ventes à l’étranger de 58,34 milliards de dirhams contre 50,12 milliards de dirhams à fin septembre 2020, soit une progression de 16,4%. Une évolution que l’Office des changes explique par la hausse des ventes du segment de la construction (+22,4%) et celles du segment du câblage (+7,7%).




De leur côté, les exportations du textile et cuir ont avancé de 19,9%, en raison essentiellement, à la hausse des ventes des vêtements confectionnés et celles des articles de bonneterie.

De même, les exportations des autres branches du secteur industriel ont maintenu leur raffermissement notable à fin septembre 2021, notamment l’industrie alimentaire (+12,8%), l’électronique et électricité (+33,3%) et l’aéronautique (+10,4%).

Au 3ème trimestre de l’année, les exportations de certains secteurs industriels ont même surperformé notamment l’industrie alimentaire (+34,2%), l’aéronautique (+46,9%) et l’électronique et électricité (+27,4%) dépassant significativement leur niveau d’avant crise.

Déjouant tous les pronostics, les transferts de fonds effectués par les Marocains Résidents à l’Étranger (MRE) ont été aussi d’un grand soutien pour l’économie nationale, avec quelque 79,65 milliards de dirhams à fin octobre 2021 contre 55.59 milliards de dirhams une année auparavant, réalisant une forte hausse de 43,3%.




Ils devraient marquer un rebond de 38,9% cette année pour atteindre un montant record de près de 95 milliards de dirhams, selon les prévisions de Bank Al Maghrib. Pour sa part, le secteur bancaire a réalisé de belles performances en 2021.

« Les banques marocaines ont bien résisté à la crise sanitaire, grâce à la rapidité et à l’ampleur de l’appui que leur a apporté Bank Al-Maghrib », avait affirmé le Chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le Royaume du Maroc, Roberto Cardarelli, à l’issue de la mission annuelle conduite par les services du Fonds monétaire international pour évaluer la politique et les perspectives économiques du pays.

Pour Roberto Cardarelli, « grâce à une campagne de vaccination particulièrement efficace et à la riposte rapide des autorités, la crise sanitaire a été maîtrisée et l’économie marocaine se redresse ».

Une reprise économique qui devrait donc se poursuivre dans les prochaines années, malgré les séquelles de la crise, grâce notamment aux atouts et avantages concurrentiels du Royaume tels que son positionnement géostratégique et des écosystèmes industriels forts ainsi que le maintien des mesures de relance.