«La RASD n’est pas un État»: le Polisario nie les propos de l’un de ses « ministres »

«La RASD n’est pas un État» : Le Polisario nie les propos de l’un de ses « ministres »




«La RASD n’est pas un État», était au cœur d’une réunion extraordinaire de la direction du Polisario, à l’issue de laquelle il a été décidé de démentir la sortie de son «ministre» faite le 19 décembre à Paris. Une version qui n’a même pas convaincu les plus ardents défenseurs du Front. Après des jours de silence, la direction du Polisario a fini par réagir aux déclarations de Mustapha Sidi El Bachir, tenues à Paris, dans lesquelles il a affirmé que «la RASD n’est pas un État». Le «ministère des territoires occupés et de la diaspora sahraouie» a démenti, dans un communiqué, les propos de son «ministre».




«Les mots et les expressions attribués au ministre ont été manipulés à l’aide du ciseau électronique dans une opération de montage destinée à les retirer de leur contexte et de leurs objectifs d’origine», avance la même source.

Dans sa fuite en avant, le département d’El Bachir a accusé les services de renseignements marocains, «ses médias de propagande bien connus et ses mouches électroniques d’être derrière ce montage», qui s’inscrit «dans le cadre de la guerre psychologique» qu’ils mènent contre le Front.

Et de conclure sur un faux air patriotique par annoncer que «l’aventure agressive du Maroc contre la République sahraouie a échoué, que 46 ans de tentatives pour légitimer l’occupation ont été dépassés par les événements et que la communauté internationale ne reconnaîtra pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental».




Des voix demandent la démission du «ministre»

Immédiatement après sa publication, ce communiqué a fait l’objet d’un débat, organisé, hier soir sur les réseaux sociaux, par la «Ligue des journalistes sahraouis en Europe», une instance réputée pour sa ligne politique pro-Polisario.

Les messages WahtsApp, consultés par Yabiladi lors de cette émission, ne laissent guère de doute sur le rejet unanime de la version défendue par le «ministère des territoires occupés et de la diaspora sahraouie» du Polisario.

Tout en s’inscrivant en faux contre les accusations portées contre le Royaume du Maroc, certains auteurs des interventions ont réclamé la démission du «ministre» alors que d’autres se sont dits «préoccupés» par la réaction de l’«allié algérien» qui, pour l’heure, observe le silence.

On apprend, par ailleurs, que le secrétariat général du Polisario a tenu une réunion extraordinaire.




Cette réunion était consacrée à l’examen de cette affaire, au cours de laquelle, Brahim Ghali n’a pu convaincre les autres membres de la direction de prendre des sanctions contre Mustapha Sidi El Bachir.

En effet, des considérations tribales l’empêchent d’aller au bout de son entreprise. Mustapha Sidi El Bachir est originaire de la tribu des Rguibates (de l’Est), de la faction des Bouihates, la plus forte en nombre dans les camps de Tindouf, même si le pouvoir algérien ne fait pas confiance à ses cadres.

En cause, le retour au Maroc, au début des années 90, d’Omar El Hadrami, et l’appui de Mustapha Ould Sidi Mouloud, en 2010, au plan d’autonomie marocain.

C’est suite à la réunion du secrétariat général qu’il a été décidé de publier le communiqué en question.

Quant à Mustapha Ould El Bachir, il n’est pas encore rentré aux camps.

Le «ministre» est encore à Paris, en train d’effectuer sa tournée auprès de la communauté sahraouie.




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