Rétrospective 2021: la diplomatie marocaine face aux crises et succès

Rétrospective 2021: La diplomatie marocaine face aux crises et succès




La diplomatie marocaine a connu une année mouvementée en 2021. Entre crises inhabituelles entre partenaires de longue date et succès sur des dossiers régionaux, la diplomatie marocaine a dû travailler sur plusieurs fronts. Récap en 6 points clés. Alors qu’en décembre 2020, quelques jours avant la fin de son mandat, le président américain Donald Trump offrait aux Marocains la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, cette reconnaissance d’une réalité historique longuement attendue, aura eu besoin de l’intervention d’un chef d’Etat courageux pour rompre avec des années d’entretien du statut quo.




Crise avec l’Algérie

Cette reconnaissance a fait l’effet d’une bombe -à retardement- à Alger (qui soutient les séparatistes sahraouis), et cela a déclenché une série d’actions hostiles des autorités algériennes vis-à-vis du Maroc tout au long de l’année 2021.

La liste des attaques algériennes est longue : Discours haineux des militaires et politiques algériens, interviews enflammées du président Tebboune, caricatures du Roi Mohammed VI à la télévision nationale, expulsion manu militari de paysans dans l’affaire El Arja, exercices militaires répétés aux frontières, interdiction présidentielle de commerce avec le Maroc, refus de la paix proposée par le Roi Mohammed VI, accusations d’incendies, accusations au niveau footballistique, accusations de meurtre, fermeture du gazoduc GME…

Pourtant, toutes ces actions ont fait face à un calme, une sagesse et une sérénité du côté marocain qui n’a pas trempé dans la surenchère, et a appelé au contraire à la paix, notamment dans un discours historique du Roi Mohammed VI consacré à l’Algérie.

Cependant cette non réaction du Maroc face aux attaques répétées n’aura fait qu’amplifier la colère algérienne, atteignant son point culminant avec l’annonce unilatérale de la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc, fin août.




Affaire Brahim Ghali

L’Algérie a également été l’artisan d’une autre crise qu’a rencontrée le Maroc en 2021, celle avec l’Espagne.

Abdelmadjid Tebboune a convaincu le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez d’accueillir le chef de la milice séparatiste du Polisario, Brahim Ghali pour soins liés au covid.

Après que lui-même ait passé deux longs séjours médicaux en Allemagne, le président algérien avait à cœur de faire soigner son protégé, Brahim Ghali, à l’étranger sauf que cette demande s’est heurtée à des refus de la part de la France et de l’Allemagne étant donné le profil de l’homme concerné, un chef d’un mouvement séparatiste armé, accusé de génocide, de viols et crime contre l’humanité.

Aucun des pays européens sollicités par le président algérien n’a voulu accueillir sur son sol une personne à la réputation aussi controversée et encore moins pour créer une crise diplomatique avec le Maroc, car l’objectif d’Abdelmadjid Tebboune c’était justement cela, autrement, il aurait choisi un pays neutre comme la Suisse par exemple.




Crise avec l’Espagne

Mais ce n’est pas tant cela qui aura déclenché la crise diplomatique avec l’Espagne au printemps 2021.

C’est surtout la manière avec laquelle Madrid a agi, dans le dos du Maroc, avec la complicité de l’Algérie, en essayant de cacher l’affaire, de le faire passer pour quelqu’un d’autre, en le faisant entrer dans un territoire européen sans passer de contrôles douaniers, au moment où elle se présente comme un « allié » de Rabat dans l’affaire du Sahara.

Un allié qui a pourtant montré de l’hostilité au Maroc juste après la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara, puisque la diplomatie américaine s’était aussitôt adressée à l’administration Biden qui n’avait pas encore pris ses fonctions pour la convaincre de revenir sur cette décision.

Cette pression espagnole sur l’administration Biden, aura créé plus tard, un réel froid entre les deux pays, qui s’est traduit par des appels téléphoniques diplomatiques ignorés de la part de Washington, et par un sommet Joe Biden-Pedro Sanchez en marge du G7 qui se sera soldé par quelques mots échangés dans un couloir, avec un président américain ne voulant vraisemblablement pas discuter avec le chef du gouvernement espagnol.




Stabilité avec les États-Unis

Avec l’administration Biden, la relation entre le Maroc et les Etats-Unis, aussi vieille que les USA, est restée sur une même constante, celle de deux grands amis, et traditionnels alliés.

Et alors qu’en Algérie, le régime politico-militaire pensait que la nouvelle administration allait se retourner contre une décision présidentielle, c’est tout le contraire qui s’est produit. Durant plusieurs meetings de presse du porte-parole du département d’État, Ned Price, les États-Unis ont confirmé leur position sur le Sahara.

Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, et son homologue américain, Antony Blinken, entretiennent des contacts réguliers et amicaux, et les deux pays ont réorganisé les exercices conjoints de l’African Lion après un an de pause à cause de la pandémie.

Les deux pays ont également fêté le premier anniversaire de l’accord tripartite en décembre, une date qui a marqué la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara et de la proposition d’autonomie, ainsi que la reprise des relations diplomatiques avec Israël.




Partenariat Maroc-Israël

Avec l’Etat hébreu, les relations officieuses des deux pays sont devenues officielles et cela a été célébré comme le plus important et significatif succès diplomatique pour Tel Aviv, car le Maroc est le seul pays au monde avec des liens aussi forts avec la communauté juive.

De tous temps, les Juifs du Maroc ont été protégés par les Rois du Maroc avec qui ils entretiennent des liens forts, mais ont également vécu en totale paix avec les Musulmans, faisant ainsi du Royaume, un modèle de paix et de tolérance, une exception dans le monde.

Israël et le Maroc ont créé des lignes aériennes directes entre les deux pays pour permettre à plus d’un million d’Israéliens originaires du Maroc de renouer avec leurs origines, leur histoire et avec leurs ancêtres.

Le chef de la diplomatie israélienne, a également effectué une visite à Rabat, quelques mois avant une autre visite, celle ministre de la Défense, Benny Gantz.

Les deux pays ont signé de nombreux accords de coopération portant sur plusieurs domaines, dont le tourisme, les sciences, la culture, et la sécurité….




Crise Maroc-Allemagne

Si la crise entre Berlin et Rabat est désormais une page tournée depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement fédéral, et les deux partenaires ont choisi la sagesse, pendant 8 mois, un froid régnait entre eux depuis que le gouvernement d’Angela Merkel est sorti de sa traditionnelle position de « neutralité » et sa politique de « non-ingérence » sur le dossier du Sahara.

Le tir a immédiatement été corrigé avec un article communiqué du ministère allemand des Affaires Etrangères dans lequel l’Allemagne a témoigné de l’importance des relations avec le Royaume du Maroc et a reconsidéré et nuancé sa position sur le Sahara.

La convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU juste après la reconnaissance américaine de la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour le Royaume du Maroc qui a dénoncé une « attitude négative » et un « activisme antagonique » de l’Allemagne sur le dossier.




Rabat a cherché des explications quant à cet « acte grave » ayant témoigné d’une hostilité à l’égard des « intérêts supérieurs du Royaume du Maroc », a noté le département de Nasser Bourita.

Mais avant cet acte, Berlin avait déjà commis une autre grave erreur, en n’invitant pas le Maroc à la conférence de Berlin sur la Libye, y préférant inviter l’Algérie dont la diplomatie était dans le coma pendant plusieurs années et complètement éloignée du dossier libyen.

Un dossier dans lequel le Maroc a été un acteur majeur, et a aidé à la stabilisation du pays plongé dans le chaos depuis 2011 avec la chute du dictateur Mouammar Kadhafi.

Le Maroc s’est investi dans la reconstruction politique du pays depuis 2015, dans le cadre d’un processus politique long et difficile mené sous la houlette de l’ONU, en accueillant tour à tour des conférences, en aidant à réconcilier les deux camps au pouvoir, en rassemblant les points de vue, en adoptant les accords de Skhirate…