Rétrospective 2021: le Maroc se dote d’un nouveau modèle de développement

Rétrospective 2021 : le Maroc se dote d’un nouveau modèle de développement, «un chemin du changement crédible et réalisable»




Le nouveau modèle de développement au Maroc définit une ambition nationale et propose un «chemin du changement crédible et réalisable».

Cette phrase résume la quintessence du document présenté au Souverain le 25 mai dernier par la Commission spéciale sur le modèle de développement après près de deux années de travail méthodique et méticuleux.

Un nouveau modèle de développement par les Marocains et pour les Marocains, telle est la volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui avait souligné dans Son discours à la Nation à l’occasion du 66e anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple que «le modèle de développement auquel Nous aspirons s’affirmera comme authentiquement marocain».

Le 19 novembre 2019, le Souverain nomme Chakib Benmoussa président de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) avant de procéder à la désignation de ses 35 membres le 12 décembre 2019.




70 auditions et séances d’écoute, 113 ateliers de travail, 35 séances d’écoute citoyenne

Il s’est ensuivi une série de séances d’écoute et de réunions de réflexion collective impliquant toutes les forces vives de la nation dans une démarche à la fois inclusive et participative, l’objectif étant de faire un diagnostic sans complaisance, identifier les forces et les faiblesses, recueillir les doléances, les remarques, les visions, mais aussi et surtout les propositions et les pistes réformes.

En chiffres, la Commission aura tenu 70 auditions et séances d’écoute, 113 ateliers de travail, 35 séances d’écoute citoyenne organisées dans les diverses villes du Royaume.

Mis en branle à la veille de la crise mondiale du coronavirus, ce processus de concertations élargies a permis aux membres de l’instance d’interagir directement avec, au total, près de 10.000 personne.

Résultat : un rapport d’une pertinence jamais égalée, présenté à S.M. le Roi le 25 mai 2021.

Fixant les étapes d’une nouvelle marche vers les objectifs escomptés, le document définit les choix stratégiques, comme il évoque les mécanismes de suivi et de mobilisation des acteurs concernés et de l’ensemble des citoyens.




Le nouveau modèle de développement au Maroc définit une ambition nationale et propose un «chemin du changement crédible et réalisable», indique la Commission spéciale sur le modèle de développement dans une synthèse du rapport, qui a été présenté au Souverain.

«Le modèle de développement proposé dans ce rapport n’est ni une solution miracle aux dysfonctionnements relevés, ni une compilation de politiques sectorielles et encore moins un mode d’emploi pour un programme gouvernemental ou partisan», relève la synthèse de ce rapport qui est une réponse au mandat que Sa Majesté le Roi a confié à la Commission spéciale sur le modèle de développement.

Ce modèle s’inscrit dans le cadre constitutionnel existant, en phase avec l’organisation des pouvoirs qu’il définit et lui apporte une vision du développement qui tend à rendre effectives les promesses de la Constitution, précise la même source.

Le modèle se nourrit aussi de l’histoire multiséculaire du Royaume, qui a forgé l’identité nationale et l’a enrichie de multiples affluents culturels, et érige le citoyen marocain en acteur autonome qui prend en charge son destin.




Un modèle conçu par des Marocains, avec les Marocains et pour les Marocains

Cette profondeur historique, qui fonde les spécificités du Maroc en tant que carrefour des civilisations et terre de paix, de dialogue et de coexistence, le prédispose aussi à contribuer activement à la construction du nouveau monde.

Un monde, ébranlé par la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19), dont les contours post-crise se profilent à peine à l’horizon.

D’après le document, le modèle de développement est conçu par des Marocains, avec les Marocains et pour les Marocains.

Il résulte d’une interaction large avec plusieurs franges de la population sur leurs lieux de vie, notamment dans les territoires les plus reculés du pays. Ce modèle incarne une manière rénovée de concevoir le développement.

Il s’agit d’une manière plus participative qui associe tous les acteurs et démontre qu’un «débat franc et responsable» sur l’avenir du pays est possible avec les citoyens et les acteurs du développement




Le «débat franc et responsable» sur l’avenir du pays peut déboucher sur des propositions constructives et adaptées aux réalités du terrain.

Cette approche a également permis de mesurer la soif de participation, d’inclusion et d’autonomisation, notamment chez les jeunes qui espèrent se voir dotés des moyens pour décider par eux-mêmes de leur chemin de vie.

Ainsi, la synthèse indique que le nouveau modèle est une proposition pour un chemin de développement, un appel général à la mobilisation et au travail pour construire, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc tel que l’ensemble des citoyens le souhaite collectivement.

Sa réussite exige une nouvelle forme d’organisation collective permettant à toutes les Marocaines et à tous les Marocains, dans leur diversité et leur richesse, de travailler ensemble pour les mêmes objectifs et de vivre dignement




Un potentiel de développement exceptionnel

S’appuyant sur les acquis du Royaume du Maroc et puisant sa matière dans une démarche d’écoute et de consultation inédite par son ampleur, le rapport de la Commission spéciale sur le modèle de développement s’articule autour de trois grandes parties portant sur «le Maroc d’aujourd’hui et le monde à venir», «le nouveau modèle de développement : le Maroc de demain» et «les leviers du changement».

Ledit rapport met en avant le potentiel de développement exceptionnel dont dispose le Maroc. Fort de son unité autour de S.M. le Roi, garant des intérêts supérieurs de la Nation, de sa stabilité et de ses choix démocratiques, le Royaume du Maroc est en capacité de mobiliser sa population et toutes ses forces vives, dans leur pluralité, pour se projeter collectivement vers une nouvelle ambition de développement.

Le Royaume du Maroc a des atouts que lui confèrent sa position géographique, son histoire multiséculaire, son capital immatériel singulier ainsi que le potentiel de ses femmes et de ses hommes.




Ces atouts prédisposent le Royaume à devenir un pays pionnier dans l’action au service du bien-être de ses citoyens et de la construction d’un monde meilleur, fait valoir la même source.

Un monde pacifié ouvert au dialogue et à la coopération, un monde respectueux de la dignité humaine, soucieux de la préservation de la diversité des écosystèmes naturels et des équilibres écologiques, précise la Commission spéciale sur le modèle de développement.

Partant de ces atouts, le nouveau modèle de développement propose comme ambition commune celle d’un Maroc prospère, d’un Maroc des compétences, d’un Maroc inclusif et solidaire, d’un Maroc durable et d’un Maroc de l’audace.

Cette ambition appelle en substance à mobiliser toutes les potentialités du pays en mettant l’humain au cœur des priorités des politiques publiques, aussi bien porteur que bénéficiaire de la marche de développement. Elle est en phase avec les attentes pressantes exprimées par des citoyens en quête de participation, de capacitation et de reconnaissance.




Des objectifs ambitieux requérant une mobilisation pleine et entière

À cet effet, la CSMD fait savoir qu’il est proposé que cette ambition soit «traduite en objectifs de développement ciblés, ambitieux mais tout à fait à la portée», qui propulseraient le Royaume dans beaucoup de domaines dans le tiers supérieur des différents classements mondiaux des Nations d’ici 2035 et qui lui permettraient de consacrer davantage sa vocation de modèle dans sa région et bien au-delà.

Parmi ces objectifs, figurent le doublement du produit intérieur brut par habitant à l’horizon 2035, une maîtrise des apprentissages de base à la fin du cycle primaire par plus de 90% des élèves, l’augmentation du nombre de médecins par habitants pour atteindre les normes de l’OMS, la réduction à 20% de la part de l’emploi informel, l’élargissement du taux de participation des femmes à 45%, contre 22% en 2019, un taux de satisfaction des citoyens envers l’administration et les services publics de plus de 80%.

Cette ambition requiert la mobilisation pleine et entière de compétences nationales et locales, qui doivent être mieux préparées et outillées pour relever les défis du développement, dans un contexte devenu de plus en plus complexe et imprévisible, selon la synthèse accessible sur le site web de la Commission spéciale sur le modèle de développement.