La Banque mondiale «manipulée» par le Maroc, selon l’Algérie

La Banque mondiale «manipulée» par le Maroc, selon l’Algérie




Après avoir impliqué le Maroc, la semaine dernière, en critiquant un rapport de la Banque mondiale sur la pauvreté en Algérie, l’agence APS assure désormais apporter une «preuve définitive» que ledit rapport «aurait été réalisé sur orientation du palais royal marocain».

Plus d’une semaine après le rapport de la Banque mondiale (BM) sur la pauvreté en Algérie, les médias et les officiels algériens ne parviennent toujours pas à tourner la page.

Ainsi, après avoir fustigé à la fois le rapport et l’institution financière, en impliquant le Maroc, les médias algériens ont ainsi lancé, cette semaine, une nouvelle campagne pour attaquer le rédacteur du rapport.

Dans une dépêche publiée mardi, et reprise par plusieurs médias dès ce mercredi, l’agence Algérie presse service (APS) a ainsi avancé que «les informations qui ont servi à la Banque mondiale (BM) pour établir son rapport sur l’Algérie, sortiraient de l’imagination d’un affabulateur qui a pour nom Ferid Belhaj».

Vice-président de la Banque mondiale en charge de la région MENA, il est ainsi «le rédacteur de ce rapport tendancieux», poursuit-elle.




Un rapport «réalisé sur orientation du palais royal marocain»

Prétendant détenir «la preuve définitive» du caractère «mensonger» du rapport de l’institution financière, l’APS cite ainsi des «amis français de l’Algérie», qui lui auraient confié que «ce rapport aurait été réalisé sur orientation du palais royal marocain».

L’agence algérienne jure que Ferid Belhaj, qui avait occupé le poste de chef de cabinet du président de la Banque Mondiale auparavant, serait «un ami proche du prince du Maroc, Moulay Rachid et de nombreux ministres marocains».

Qualifiant le vice-président de la Banque mondiale en charge de la région MENA de «douteux personnage malsain», la même source indique que le Tunisien était responsable des opérations de la BM pour le Maroc de 2002 à 2007.

Un fait qui «justifie toute sa haine envers l’Algérie», déduit-elle. L’agence de presse algérienne indique également qu’en 2018, Ferid Belhaj est «bombardé Vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, période durant laquelle de nombreux rapports complaisants sur le Maroc ont été rédigés dont le dernier qui classe le royaume du mal et de la misère comme étant un des rares pays qui ont tiré profit de la pandémie».

«À partir de là, il ne faut plus s’étonner de lire à l’avenir de faux-rapports sur l’Algérie commandés et orientés par le Makhzen marocain. Il faut s’attendre à d’autres révélations sur cette solide amitié entre le Makhzen et Ferid Belhaj, surtout que les langues commencent à se délier», conclut-elle.




Une «haine» de l’Algérie envers le Maroc et Ferid Belhaj

Les critiques de l’agence officielle algérienne à l’encontre du vice-président de la Banque mondiale en charge de la région MENA, peuvent s’expliquer par ses récentes déclarations sur le Maroc.

«La Banque mondiale soutient le Maroc afin de l’aider à atteindre ses ambitieux objectifs climatiques», a-t-il écrit, le 10 novembre dernier, sur son compte Twitter après avoir pris part à un débat organisé avec l’Université Euromed de Fès.

Le même jour, Ferid Belhaj s’est dit «ravi de rencontrer» la ministre marocaine de l’Économie et des finances, Nadia Fettah Alaoui, avec laquelle il a discuté «de la vision du Maroc et du soutien de la Banque mondiale au programme de réforme des politiques publiques».

Un jour plutôt, le vice-président a rencontré le chef du gouvernement.

Une occasion durant laquelle le responsable de l’institution financière a évoqué, avec Aziz Akhannouch, «le soutien de la Banque mondiale aux réformes ambitieuses du Maroc, son leadership en matière d’énergies renouvelables et les Assemblées Annuelles à Marrakech pour 2022».




Les accusations de «partialité» visant Ferid Belhaj sont injustifiées, puisque le responsable reste critique, même lorsqu’il s’agit de son propre pays.

En novembre dernier, dans une déclaration à une radio tunisienne, le responsable MENA à la Banque mondiale n’a pas hésité à pointer la situation économique «chaotique» que traverse la Tunisie.

«C’est une situation chaotique qui suscite une grande inquiétude et la trajectoire de son évolution est imprévisible», a-t-il précisé.

Encore faut-il rappeler que le rapport contesté par le voisin de l’Est affirme, dans l’une de ses pages, que «le taux de pauvreté multidimensionnelle de l’Algérie (1,4%) est meilleur que celui de ses voisins régionaux, l’Égypte (5,2%), l’Irak (8,6%) et le Maroc (6,1%)».