Covid-19: des scientifiques remettent en doute la pertinence de dose booster à répétition

Covid-19 : Des scientifiques remettent en doute la pertinence de dose booster à répétition




Tout le monde devrait recevoir une dose booster de vaccin anti Covid-19, mais sur le long terme, cette stratégie sanitaire de se faire vacciner régulièrement ne sera pas viable, arguent plusieurs scientifiques dans le New-York Times.

La généralisation des doses booster progresse, au grand regret de l’Organisation mondiale de la santé qui veut privilégier la vaccination de populations sous-vaccinée.

De nombreux experts commencent à mettre en garde contre cette politique qui ne règlera pas les problèmes que présente le Covid-19, surtout avec l’émergence de nouveaux variants comme Omicron.

«Ce n’est pas inouï d’administrer des vaccins périodiquement, mais je pense qu’il existe de meilleures façons de procéder que de faire des rappels tous les six mois», estime Akiko Iwasaki, immunologiste à l’université de Yale.

D’autres stratégies pourraient «nous sortir de cette situation où les rappels sont éternels», estime-t-elle.




«Cela ne semble pas être une stratégie durable à long terme», ajoute le professeur Deepta Bhattacharya de l’Université d’Arizona.

Si l’administration d’une dose booster permet de rétablir un taux d’anticorps important, et donc soulager temporairement les systèmes de santé en ralentissant la propagation d’un virus, cette protection s’amenuise et peut être mise à mal par certains variant comme Omicron, moins sensible aux anticorps.

«Même avec ce niveau d’anticorps, c’est très dur de stopper le virus très longtemps», affirme Shane Crotty, virologiste à l’Insitut La Jolla d’immunologie en Californie.

«La barre est beaucoup plus haute qu’avant, et peut être qu’un vaccin spécifique pour Omicron ferait un meilleur travail».

«Ça n’a pas de sens de continuer de se booster contre un variant qui est déjà parti», ajoute Ali Ellebedy de l’Université Washington à Saint Louis, «s’il faut ajouter une nouvelle dose après la troisième, j’en attendrais certainement une ciblant Omicron».




Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson on tous, en ce sens, annoncé développer un vaccin ciblant Omicron mais ils ne devraient être disponible que dans quelques mois.

Cette attente pourrait être bénéfique au développement de notre immunité, pensent certains qui se basent sur leur expérience de leur lutte contre d’autres agents pathogènes.

Quoi qu’il en soit, «Omicron a clairement indiqué que la prévention de toutes les infections est une cause perdue», argue Michael Nussenzweig de l’Université Rockerfeller de New-York, pour qui «l’objectif final est de garder les gens hors de l’hôpital».

Privilégiant d’autres approches, des chercheurs développent maintenant des vaccins «pan coronavirus» qui ciblent des parties du virus qui changent très lentement, si ce n’est pas du tout.

Pour d’autre, la solution se trouverait dans des vaccins nasaux ou oraux, plus efficaces dans la protection des infections, car bloquant le virus dès son point d’entrée.