La fermeture par l’Algérie du gazoduc via le Maroc se fait sentir en Espagne

La fermeture par l’Algérie du gazoduc via le Maroc se fait sentir en Espagne




Deux mois après la décision du président algérien Abdelmadjid Tebboune, de ne pas renouveler l’accord du gazoduc Maghreb Europe qui passait par le Royaume du Maroc, les livraisons manquantes n’ont pas pu être totalement assurées via Medgaz. L’Espagne se retrouve coincée. La fermeture par l’Algérie du gazoduc Maghreb-Europe, qui passait via le Royaume du Maroc, fait grelotter l’Espagne. Depuis le 31 octobre, l’approvisionnement du voisin ibérique en ce produit vital a dû s’adapter, indique le bulletin des statistiques de décembre d’Enagás, la société chargée du maintien et du développement des infrastructures gazières en Espagne. Ainsi le gaz naturel liquéfié (GNL), entré sur le marché espagnol par méthaniers en décembre dernier, représentait près de 70% du total de ses importations contre 52,4% pour le même mois de 2020.




En revanche, le gaz transféré par pipeline a enregistré une forte baisse, ne représentant que 31,2% contre 52,4% durant la même période en 2020. Les données d’Enagás révèlent que les quantités transportées par le gazoduc Maghreb-Europe a atteint 6.236 GWh (gigawatts par heure) en décembre 2020. Un volume que le Medgaz, reliant directement l’Algérie à l’Espagne, n’a pu que partiellement compenser, rapportent des médias ibériques. L’Algérie s’était engagée auprès de responsables espagnols, notamment le ministre des Affaires étrangères et la 3e vice-présidente du gouvernement, à compenser le gaz perdu par le non-renouvellement du gazoduc Maghreb-Europe. Ainsi le volume des exportations de la Sonatrach vers le marché espagnol est passé de 495 GWh de gaz naturel liquéfié en décembre 2020 à 2.357 GWh le mois dernier, via bateaux.




Un écart important qui n’est pas sans soulever des interrogations sur son coût financier. «La question, selon les experts, n’est pas de savoir si l’Algérie garantira ou non l’approvisionnement de l’Espagne, mais à quel prix. Bien que les contrats soient confidentiels, le fait que le gaz transporté par bateau doit être liquéfié sur les côtes d’origine et regazéifié sur les côtes de destination, le rend naturellement plus cher par rapport au gaz naturel. Son prix est soumis aussi aux aléas des marchés internationaux et du fret des méthaniers», soulignent des médias ibériques. Et de préciser que l’Algérie a déjà exigé de la partie espagnole une révision à la hausse des contrats d’exportations de gaz.




Pour rappel, une source au ministère algérien de l’Energie avait annoncé la couleur en octobre dernier, affirmant que «l’Algérie pourra approvisionner l’Espagne en gaz liquéfié dont les prix diffèrent quelque peu par rapport au gaz naturel qui arrive par pipeline. Cette option nécessite que le client accepte le processus, car il implique des coûts supplémentaires». La semaine dernière, le PDG de la Sonatrach a réitéré que l’Algérie est en mesure de remplir toutes ses obligations contractuelles avec la partie espagnole, estimées à 10,5 milliards de mètres cubes à travers le gazoduc Medgaz, «sans problème significatif». Pour mémoire, la société Enagás avait relevé, en novembre, 54 heures d’ «interruptions» dans les opérations de transferts du gaz via le pipeline Medgaz, reliant directement Beni Saf au port d’Almeria.