Magazine Le Point: comment l’APS algérienne distille son venin contre le Maroc

Magazine Le Point: comment l’APS algérienne distille son venin contre le Maroc




Selon le magazine français, “au cœur du système algérien, mot-valise pour qualifier un pouvoir politico-militaire inamovible, l’information devient malléable, courroie de transmission propagandiste, arme géopolitique”.

Dans un article signé par son correspondant au Maghreb Benoît Delmas, le magazine français Le Point dévoile le choix délibéré de l’agence officielle algérienne APS qui tape quotidiennement sur le Maroc.

“Yaura-t-il la guerre au printemps? Certes, non, mais à lire les dépêches de l’APS, l’agence de presse étatique algérienne, on pourrait l’envisager. Sur son site (aps.dz), tels des draps soigneusement pliés, on range dans la catégorie «monde» toutes les informations liées au Maroc”, lit-on.

Informations qui ont majoritairement trait à trois sujets: le “Sahara”, la “drogue” et de supposées “difficultés économiques aggravées”.

“Trois clous sur lesquels l’APS frappe avec la ténacité du zélote”, écrit le Point dans cet article sous le titre “Algérie-Maroc: les mots qui fâchent”.




Selon le magazine, “au cœur du système algérien, mot-valise pour qualifier un pouvoir politico-militaire inamovible, l’information devient malléable, courroie de transmission propagandiste, arme géopolitique”.

Et d’expliquer qu’”à l’origine de cet acharnement agencier, une querelle de territoires… le Maroc revendique le Sahara quand l’Algérie lui conteste ce droit”.

“Depuis les années 1990, les frontières terrestres entre l’Algérie et le Maroc demeurent fermées à triple tour. Désormais, l’espace aérien l’est également. Cette ex-guerre froide a glissé dans la catégorie du possible”, affirme l’auteur de l’article.

Dans ce contexte fébrile, intervient une “guerre des mots, ce tapis de bombes verbales que les deux pays utilisent de façons différentes”, fait-il observer.

“Imaginez Paris donnant la canonnade sur Berlin via l’AFP chaque jour, 365 jours par an. Dans ce climat extrêmement toxique, les dépêches de l’APS forment un village Potemkine.




Lorsque Catherine II se rendit en Crimée, fin XVIIIe siècle, un ministre zélé, le fameux Potemkine, fit dresser des trompe-l’œil le long de la route pour masquer la pauvreté.

L’agence de presse algérienne APS (Algérie Presse Service) déroule une variation de ce procédé. Elle alimente les canaux d’informations nationaux en nouvelles peu reluisantes consacrées à son voisin.

Il s’agit de créer dans les esprits un vil voisin, qu’il faut détester, haïr, combattre pour tous les maux dont il serait responsable.

À ce jeu, l’Algérie avance sans masque, frontalement, peu soucieuse de complaire”, souligne Le Point. Le Royaume du Maroc, lui, procède autrement, affirme le magazine.

“Alger l’agresseur, Rabat la victime, telle serait la situation… On peut se dire pour se rassurer que ces quelques dépêches ne convaincront que les convaincus, serviront de petits bois pour alimenter le feu persistant du conflit dans l’opinion publique”, souligne le magazine.