Le Maroc pourrait ouvrir partiellement les frontières avec l’Espagne

Le Maroc pourrait ouvrir partiellement les frontières avec l’Espagne




Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a annoncé lundi la réouverture prochaine des frontières aériennes, « à condition que toutes les garanties nécessaires soient données » pour préserver la santé des voyageurs et des Marocains contre le Covid-19.

En attendant que le Comité interministériel de suivi de la pandémie ne se prononce sur une éventuelle prolongation de la fermeture des frontières après le 31 janvier, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a réaffirmé mardi, devant les députés de la Chambre des représentants, que le gouvernement est disposé à rouvrir les frontières, à condition que toutes les garanties nécessaires soient données pour préserver la santé des voyageurs et des Marocains.

Le ministre marocain soutient en outre que tout dépendra de l’évolution de la pandémie dans le royaume.

« Les chiffres font peur. De quelques centaines de cas par jour il y a quelques semaines, nous en sommes à 4 000 par jour. En décembre, le nombre de décès était de 19 ; en janvier, nous en avons déjà 97, alors que le mois n’est pas encore terminé », a précisé Nasser Bourita.




Nasser Bourita a ajouté que les cas graves sont passés de 80 à 600. Ces déclarations du ministre Bourita soulèvent des questionnements et des doutes.

José Ángel Cadelo, expert de l’islam et du monde arabe, se demande « si cette ouverture souhaitée des frontières prend également en compte les frontières terrestres de Ceuta et Melilla, et si le trafic maritime de passagers avec les ports espagnols, y compris ceux d’Algésiras et de Tarifa, va reprendre ».

Pour Cadelo, le Maroc continuera de maintenir fermées ses frontières avec l’Espagne, « au moins partiellement ». L’expert argumente en évoquant les tensions entre les deux pays qui perdurent depuis bientôt un an et la position de l’Espagne sur le conflit au Sahara.

Le Maroc « continue de faire pression sur l’Espagne pour qu’elle reconnaisse sa souveraineté sur le Sahara, mais le gouvernement espagnol ne va pas se prononcer contre la légalité internationale, peu importe l’insistance de Rabat », a expliqué Cadelo, soulignant que l’ambassadrice du Maroc à Madrid, rappelée depuis mai pour des consultations à Rabat, n’a toujours pas rejoint son poste.