L’indépendance vaccinale est « vitale » pour le Maroc

L’indépendance vaccinale est « vitale » pour le Maroc




L’indépendance vaccinale se veut « vitale » pour le Maroc afin de faire face aux futures menaces épidémiques, a affirmé, le président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS), Abdelmalek Alaoui.

Abdelmalek Alaoui





« La surexposition de l’industrie pharmaceutique européenne et par extension, méditerranéenne aux chaînes de production d’Asie du Sud Est a révélé une faille dans nos systèmes de sécurité sanitaires.

Désormais, chaque pays, ou chaque ensemble de pays cohérent sur le plan géographique et philosophique se doit d’être indépendant pour faire face aux futures menaces épidémiques », a dit Alaoui dans une interview accordée au magazine Forbes France.

Il a également souligné que l’industrie de santé est capable de devenir un secteur économique de pointe pour le Maroc, à condition de réussir le pari d’atteindre la « taille critique » et de pouvoir monter dans les chaînes de valeur, et notamment l’amont industriel pour les médicaments par exemple. «

Or, le Maroc reste un marché de dimension modeste pour l’industrie de la santé, et doit donc se positionner en ‘Hub’ régional afin de faire de ce secteur une success-story à l’instar de ce qui a été réussi dans l’automobile, l’aéronautique ou les services », a-t-il relevé.




Il a noté que pour les européens, il y a une occasion unique à saisir car le Maroc jouit de la stabilité institutionnelle et macro-économique, et est le seul pays de la région en capacité de se projeter de manière efficiente en direction du vaste marché d’Afrique de l’Ouest et ses quelques 500 millions de consommateurs.

Et de poursuivre: « Il reste donc à aligner certains facteurs clés de succès et à surmonter les contraintes logistiques et de production.

Les professionnels du secteur, en coordination avec l’Etat, travaillent d’arrache-pied pour mettre en œuvre cette vision, et ils devraient d’ailleurs faire des annonces en ce sens dans l’année ».

À l’échelle de l’Afrique, le Maroc est indiscutablement une puissance régionale, tout en n’ayant pas d’agenda hégémonique, a fait remarquer Alaoui.

« En effet, le Royaume a une longue tradition de coexistence et de dialogue culturel, et jouit d’un leadership indéniable sur les plans diplomatiques ou même spirituels.

L’enjeu essentiel désormais est de devenir un pays émergent ‘tout court’ et de raccrocher les wagons sociaux à la locomotive économique.




À ce titre, un horizon a été fixé – à savoir 2035- par la Commission Spéciale pour le Nouveau modèle de Développement qui a rendu son rapport au roi au printemps 2021 », a-t-il dit.

Interrogé sur le choix du Maroc d’investir environ 400 à 500 millions d’euros dans réalisation d’une usine de fabrication de vaccins anti Covid-19 et autres vaccins, Alaoui a estimé qu’il y a des limites à ce qu’une Nation peut réaliser si sa sécurité et sa souveraineté sanitaire dépendent de prestataires extérieurs.

« Aujourd’hui, les vaccins sont disponibles, mais rappelez-vous des ‘retard à l’allumage’ il y a un an et des très fortes tensions sur les chaînes de production.

De plus, nous ne connaissons pas les évolutions futures et les variants potentiels, contre lesquels les vaccins actuellement disponibles à l’achat seront peut-être inopérants », a-t-il expliqué.

Dans ce sens, Alaoui a indiqué que de manière globale, le Roi a fait le choix à la fois d’autonomiser le Maroc en matière de production de vaccins, mais également d’en faire un pôle régional qui pourra satisfaire les besoins de l’Afrique dans son ensemble.