Mark Zuckerberg dévoile les « nouvelles valeurs » qui marquent le passage de Facebook à Meta

Mark Zuckerberg dévoile les « nouvelles valeurs » qui marquent le passage de Facebook à Meta




Après la vague de plaintes et de critiques virulentes envers Facebook, son fondateur Mark Zuckerberg a dévoilé les nouvelles valeurs censées incarner la transformation lancée avec le nouveau nom adopté à l’automne, Meta.

« Nous avons rédigé les valeurs de l’entreprise en 2007.

Elles se sont révélées très durables, mais beaucoup de choses ont changé », a-t-il souligné.

« Nous avons maintenant une communauté globale et un impact très étendu.

Et nous sommes maintenant une société du métavers (un potentiel futur d’internet), nous construisons le futur des connexions sociales ».

Pour rappel, récemment, Facebook a été accusé par une lanceuse d’alerte de « faire passer les profits avant la sécurité » de ses utilisateurs.

Par le changement de nom, le géant tenterait, selon les observateurs, de faire diversion vis-à-vis des problèmes de Facebook et Instagram. « Agir vite », « Se concentrer sur l’impact sur le long-terme », « Construire des choses géniales », « Vivre dans le futur », « Être direct et respecter ses collègues » sont désormais les principes des « metamates », au lieu de « Soyez audacieux » et « Concentrez-vous sur l’impact ».




Jusqu’à présent, le groupe américain s’était attiré les foudres de nombreux élus, associations et autorités, tout en réalisant des performances économiques qui ravissaient Wall Street.

Mais il a récemment déçu les investisseurs avec un bénéfice net en baisse au quatrième trimestre 2021 et un nombre d’utilisateurs qui stagne.

À ce propos, Mark Zuckerberg a souligné que la construction du métavers, qui est coûteuse, allait prendre du temps.

« Bien que la direction soit claire, notre chemin n’est pas encore parfaitement défini », avait-il déclaré aux analystes lors d’une conférence téléphonique qui a eu lieu le 2 février dernier.

Meta a par ailleurs annoncé mardi que le « news feed » de Facebook (« fil d’actualités ») devenait le « feed ».

La plateforme, qui se voit régulièrement reprocher de propager la désinformation, essaie depuis la dernière élection présidentielle américaine de s’éloigner des contenus politiques pour se concentrer sur les échanges entre proches et communautés d’intérêt.




Facebook lance Facebook News en France

Il s’agit d’un fil d’informations réservé à des contenus journalistiques. Déployé au fur et à mesure dans l’Hexagone, il devrait être disponible pour tous les utilisateurs d’ici à mai.

Après les États-Unis fin 2019, le Royaume-Uni en janvier 2021, l’Allemagne en mai puis l’Australie en août, Facebook lance en France à partir de mardi Facebook News, son fil d’infos réservé à des contenus journalistiques.

Gage de visibilité accrue pour les médias et symbole face aux accusations de désinformation qui visent le réseau social, ce service sera, dans un premier temps, déployé auprès d’un petit nombre d’utilisateurs français de Facebook.

Sa généralisation sera progressive et Facebook News devrait être disponible pour tous les utilisateurs en France d’ici à mai, selon Meta, le groupe américain propriétaire du réseau social.

« À côté du fil d’actualité classique de Facebook, Facebook News est l’endroit où l’on fournit uniquement des informations venant de sources vérifiées », car produites par de vrais médias, a expliqué à l’Agence France Presse (AFP) Jesper Doub, directeur des partenariats avec les médias d’actualité pour l’Europe chez Meta.

Le lancement de Facebook News en France a été rendu possible par la signature d’un accord-cadre avec l’Alliance pour la presse d’information générale (APIG), annoncée par Facebook en octobre.




Plusieurs médias disponibles

Cet accord prévoit de rémunérer pendant deux ans les éditeurs français de presse quotidienne pour l’utilisation de leurs contenus.

En vertu de cet accord, de nombreux quotidiens nationaux ou régionaux sont inclus dans Facebook News, parmi lesquels Le Parisien-Aujourd’hui en France, Le Figaro, Le Journal du dimanche, Les Echos, les journaux du groupe Ebra (Le Progrès, L’Alsace, etc.), Nice-Matin, ou encore La Voix du Nord.

Parallèlement, Meta a conclu des accords avec d’autres médias qui sont ainsi également inclus dans Facebook News à son lancement, dont BFM-TV – RMC, Capital, Femme actuelle, L’Equipe, L’Express, Libération ou Voici.

« Des discussions continuent et d’autres partenaires viendront sûrement rejoindre la liste », a fait savoir à l’AFP Mathieu Fritsch, responsable des partenariats de Meta avec les médias d’information en France et en Europe du Sud.




L’actualité du jour et les centres d’intérêts

Concrètement, Facebook News sera accessible via un nouvel onglet dans l’application Facebook.

En cliquant sur cet onglet, l’utilisateur accédera à un fil d’informations qui présentera des contenus journalistiques sous la forme de vignettes, avec le titre de l’article, une image et le nom du média.

Aucun contenu ne pourra être lu sur la page Facebook elle-même : ces vignettes contiendront des liens renvoyant vers le site du média.

Il ne sera donc pas possible de lire gratuitement un article payant.

Facebook News sera composé de deux sections.

L’une, commune à tous les utilisateurs, présentera l’essentiel de l’actualité du jour, « comme le journal télévisé de 20 heures », selon M. Doub.

L’autre sera personnalisée selon les centres d’intérêts de l’utilisateur.

Pour l’utilisateur, Facebook News sera à la fois un gage de « qualité » et de « diversité » dans l’accès à l’information, selon M. Fritsch.

Pour les médias, cela sera « une opportunité formidable d’élargir leur audience » en touchant des publics différents, voire de gagner de nouveaux abonnés, a-t-il estimé.




Facebook compte 40 millions d’utilisateurs mensuels en France. Le lancement de Facebook News intervient alors que le réseau social est régulièrement accusé d’être un canal de propagation de fausses informations via des contenus provenant de sources douteuses.

« Nous sommes persuadés que le journalisme est essentiel pour la bonne santé de nos démocraties », a assuré M. Doub.

Les contenus figurant dans la section commune à tous les utilisateurs seront sélectionnés par des journalistes employés par une filiale de l’AFP, Media Services. Ce choix est « une reconnaissance de l’expérience et de la qualité du travail de notre filiale spécialisée dans les contenus éditoriaux à la demande », a commenté le PDG de l’AFP, Fabrice Fries, cité dans un communiqué de Meta.

Meta rémunère plus de 80 médias dans le monde, dont Le Monde et l’AFP, au titre d’un programme de vérification des contenus. Mais le contrat signé dans le cadre de Facebook News est distinct de cet accord.