Finance climat: la BERD et l’AFD confirment le leadership marocain dans la région

Finance climat: la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et l’Agence française de développement confirment le leadership marocain dans la région




Les deux institutions se félicitent des progrès réalisés

La finance climat est actuellement un enjeu central pour le développement des projets verts.

Au Royaume du Maroc, les organismes financiers internationaux soutiennent activement la dynamique enclenchée pour assurer la transition énergétique et les projets durables.

Ils notent également l’environnement propice à l’investissement vert dans le pays.

Un «mindset» favorable à l’investissement vert

Globalement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) veut labelliser vert la moitié de ses financements en 2025.

Au Maroc, elle a dépassé cet objectif en 2021, a réaffirmé Antoine Sallé de Chou, directeur de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement au Maroc, lors d’une rencontre organisée le 22 février par la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc sous la thématique «Transition énergétique et industrie 4.0».

Pour le directeur de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, «il y a une vraie appropriation et un leadership climatique au niveau du Maroc dans la région mais également un vrai dynamisme au niveau des entreprises qui voient ça comme une vraie question de compétitivité».

Présente au Maroc depuis 2013, la Banque a investi 800 millions d’euros dans la transition climatique permettant ainsi de réduire 730.000 tonnes d’émission de CO2 par an.




Sa stratégie se focalise sur la décarbonation accrue de l’économie grâce à l’efficacité énergétique et à la résilience climatique.

Sa stratégie vise aussi une plus grande capacité en énergies renouvelables et un mix énergétique plus diversifié ainsi qu’une durabilité des infrastructures.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement dispose d’une offre dédiée au financement climatique à travers ses institutions financières partenaires (IFP).

Elle fournit des lignes de crédits pour développer de manière durable les activités de finance verte, accompagne les équipes de consultants supportant la mise en place des projets des institutions financières partenaires locales et leurs clients.

Dans ce sens, les institutions financières partenaires financent divers projets auprès de leurs clientèles-entreprises, PME et particuliers.

Après vérification du projet par le consultant, une subvention de 10% du principal prêt est remboursée au bénéficiaire final.

«Depuis 2015, on a financé des projets qui marchent très bien au Maroc», explique le responsable citant par exemple le programme MorSEFF relancé actuellement sous un nouvel acronyme (GEFF).




Les catégories d’investissements éligibles GEFF concernent l’efficacité énergétique (remplacement du matériel qui va pouvoir réduire jusqu’à 20% des émissions CO2), l’installation de l’énergie renouvelable (solaire, biomasse, biogaz et éolienne de petite taille, hydro de petite taille), du matériel qui va permettre de faire des économies en eau, des équipements pour réduire les déchets, les bâtiments (centres logistiques, entrepôts frigorifiques qui intègrent des composantes vertes).

Actuellement, l’enveloppe budgétaire réservée aux projets avec les institutions financières partenaires s’élève à plus de 150 millions d’euros.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement peut également assurer un financement direct.

Son programme Fintecc financé par l’Union européenne et le GEF aide en effet les entreprises à implémenter les technologies climatiques avancées afin de réduire les émissions de CO2 et/ou accroître la résilience climatique en accordant des subventions et une assistance technique.

La subvention peut aller jusqu’à 15% du CAPEX (dépense d’investissement de capital) capé à 500.000 euros.

Parallèlement avec l’Union européenne, la Banque mobilise le programme européen de développement durable avec plusieurs opérations réalisées (mécanismes de garanties) au Maroc à ce jour.




Des partenaires engagés

«Le Maroc est notre premier partenaire», souligne Mokhtar Chemaou, chargé de mission «Energie et Numérique» auprès de l’Agence française de développement.

Et de poursuivre: «Au Maroc, on a la chance d’avoir des partenaires qui nous présentent des projets focalisés sur le climat, ce qui montre l’engagement du pays dans la transition énergétique et la décarbonation».

Cette dynamique se traduit au niveau des chiffres puisque les interventions de l’Agence française de développement au Royaume du Maroc sont à 65% axées sur le climat alors que l’objectif du Groupe est de 50%.

Installé il y a plus de 30 ans au Royaume du Maroc, le Groupe Agence française de développement a financé la transition énergétique à travers plusieurs projets dont la programme d’électrification rurale globale (PERG) avec un montant de 240 millions d’euros ou encore le plan solaire Noor avec trois prêts accordés à Masen totalisant 300 millions d’euros pour le financement de 3 centrales solaires.

Les principaux impacts des diverses initiatives auxquelles l’Agence française de développement a participé ont permis entre autres d’éviter environ 850.000 tonnes d’émissions de CO2 par an et plus de 2,5 millions de personnes ont eu accès à l’électricité dans 6.000 villages sur tout le territoire.