La quasi-totalité des pays arabes soutiennent la marocanité du Sahara

La quasi-totalité des pays arabes soutiennent la marocanité du Sahara




Les décisions prises mercredi, par le conseil exécutif de la Ligue arabe, servent ainsi les intérêts du Maroc et confirment le soutien des pays arabes à la marocanité du Sahara.

Des décisions qui isolent davantage l’Algérie qui souhaitait faire du prochain sommet arabe une plateforme pour mobiliser autour de ses positions, notamment sur le dossier du Sahara.

Bien qu’elle ne cesse de répéter qu’elle n’est pas partie au conflit, le dossier du Sahara occidental est placé depuis plusieurs années au sommet des priorités de la diplomatie de l’Algérie. Celle-ci tient même à faire écho aux positions des séparatistes du Polisario lors des forums, rencontres et conférences internationales.

Si le voisin de l’Est parvient encore à trouver des soutiens au sein de l’Union africaine, notamment certains pays du sud du continent, il se retrouve particulièrement isolé dans le monde arabe, où la quasi-totalité des pays soutiennent la marocanité du Sahara, tandis que d’autres préfèrent garder Rabat et Alger à équidistance.

L’insistance de l’Algérie pour aborder le différend territorial lors du prochain sommet de la Ligue arabe, qu’elle devait accueillir en ce mois de mars, a conduit au report du sommet à une date ultérieure, avant de décider de son organisation début novembre prochain.

Toutefois, contrairement à ce qu’espérait l’Algérie, la Ligue arabe a anticipé la convocation du sommet, en envoyant plusieurs messages au palais El Mouradia, dont l’adoption d’une carte complète du Maroc dans toutes les réunions tenues sous sa bannière.




Des résolutions servant les intérêts du Royaume du Maroc

À huit mois du prochain rendez-vous, le Conseil exécutif de la Ligue, qui s’est tenu mercredi au Caire, vient d’adopter deux décisions qui servent les intérêts du Maroc, au grand dam de l’Algérie.

La réunion ministérielle arabe a ainsi approuvé une résolution de solidarité avec le Maroc face à l’ingérence du régime iranien et de son allié Hezbollah dans ses affaires intérieures, notamment en ce qui concerne l’armement et l’entraînement d’éléments séparatistes qui menacent l’intégrité territoriale, la sécurité et la stabilité du Maroc.

En mai 2018, le Maroc avait annoncé la rupture de ses relations avec l’Iran, en raison de l’implication du Hezbollah libanais, soutenu par Téhéran, dans l’envoi d’armes au Front Polisario par l’intermédiaire d’un employé de l’ambassade d’Iran en Algérie.

L’Algérie avait pointé, à l’époque, des ««mensonges» et une «manipulation grossière».

Hier également, les ministres arabes des affaires étrangères ont adopté un projet de résolution présenté par le Royaume du Maroc pour lutter contre l’enrôlement militaire des enfants dans les conflits armés. Le Maroc accuse, en effet, le Polisario de recruter des enfants sur le sol algérien dans les camps de Tindouf, ce que l’Algérie dément également.

Alors que la Ligue arabe est restée éloignée du conflit maroco-algérien autour du Sahara pendant plusieurs années, les tentatives de l’Algérie d’inscrire le différend à l’ordre du jour du sommet se sont retournées contre elle, sachant que le Maroc exige que les Nations unies restent l’unique cadre pour trouver une solution politique au conflit.




L’échec de la tournée de Tebboune et de Lamamra

Le soutien de la Ligue arabe au Maroc est également évident dans l’annonce, par les ministres arabes des Affaires étrangères, que l’accord de Skhirat, signé par les parties libyennes au Maroc en 2015, reste le cadre politique général de résolution de la crise qui sévit en Libye depuis des années.

En effet, la diplomatie algérienne tente de pousser les parties libyennes à tenir des réunions en Algérie afin de parvenir à un accord devant remplacer celui de Skhirat. Les responsables algériens répètent même qu’«il n’y a pas de solution pour la Libye sans l’Algérie».

Outre la Libye, l’Algérie n’a pas réussi à aborder le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe après la suspension de son adhésion en novembre 2011.

Le voisin de l’Est était parmi les rares pays arabes à avoir maintenu des relations avec le régime syrien après la révolution. Abdelmadjid Tebboune a même explicitement exprimé, dans des déclarations aux médias, son désir pour la Syrie de participer au sommet que son pays accueillera.

Les décisions rendues par la Ligue arabe s’annoncent comme autant d’échecs pour la tournée du président algérien et de son ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, dans de nombreux grandes capitales arabes ces dernières semaines.

L’Algérie, qui vante le retour de sa diplomatie sur le devant de la scène, après avoir été absente pendant des années sous Abdelaziz Bouteflika, prévoyait de faire du prochain sommet une plateforme pour mobiliser autour de ses positions sur plusieurs questions.