Espagne: Pedro Sanchez responsable de l’accueil de Brahim Ghali ?

Espagne : Le juge Lasala pointe la responsabilité de Pedro Sanchez dans l’accueil de Brahim Ghali




En Espagne, l’enquête sur l’accueil de Brahim Ghali s’approche du chef gouvernement.

L’opposition plurielle de droite avait déjà pointé la responsabilité de Pedro Sanchez. Après des mois d’investigations sur les circonstances de l’entrée de Brahim Ghali, le 18 avril 2021, en Espagne, un processus ponctué par des auditions de témoins et de mis en cause, le juge d’instructions Rafael Lasala pointe, désormais, la responsabilité directe du chef du gouvernement, Pedro Sanchez, dans la coordination de l’opération.

En réponse à une requête de classer l’affaire, formulée le 8 février par la Direction des services juridiques, placée sous la tutelle du ministère de la Justice, Lasala y affirme que le nombre des intervenants, plusieurs fonctionnaires des départements de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères, dans l’accueil du chef du Front Polisario ne peut être l’œuvre d’un seul ministère.

Face à une opération de cette ampleur, exigeant une parfaite coordination entre les différents ministères, «la décision finale correspond au président du gouvernement», rapporte ce lundi El Mundo.




Le juge refuse de classer les poursuites contre l’ex-ministre des Affaires étrangères

Ce tournant dans l’enquête de Lasala apporte de l’eau au moulin du Parti Populaire et de Vox.

En effet, au lendemain de la convocation en septembre de l’ancienne ministre des Affaires étrangères par le juge d’instruction, en tant que «mise en cause» dans cette affaire, les deux formations de l’opposition avaient réclamé de révéler l’identité du «Monsieur X» qui aurait donné des instructions «dans le complot Ghali».

Le PP et Vox avaient alors souligné que le limogeage d’Arancha González Laya du gouvernement n’avait pour objectif que de «camoufler le grand scandale de l’entrée et de la sortie d’Espagne du chef du Polisario».

Des accusations indirectes que Pedro Sanchez a balayées d’un revers de main dans des déclarations à la presse. L’hospitalisation du chef du Polisario à Logorño obéissait à «des raisons humanitaires parce qu’il était sur le point de mourir». avait-il précisé dans une interview accordée, le 14 octobre, à la chaîne La Sexta.




Sanchez avait aussi défendu la gestion de son cabinet, estimant qu’elle «respectait strictement l’Etat de droit». Une version qu’il avait déjà tenue le 22 septembre à New York lors d’un point de presse.

«Il faut se rappeler qu’il y avait une demande humanitaire pour sauver la vie d’une personne qui était sur le point de mourir. Ce que l’Espagne a fait, c’est d’apporter une solution à une demande humaine. L’Espagne a fait ce qu’elle devait et comme il se doit, c’est-à-dire conformément à la loi», avait expliqué Pedro Sanchez.

Dans sa réponse à la Direction des services juridiques, le juge d’instruction Lasala a annoncé le classement des poursuites de l’ancien chef de cabinet du ministère des Affaires étrangères, Camilo Villarino. En revanche, il a maintenu les charges contre l’ex-cheffe de la diplomatie, Arancha Gonzalez, souligne El Mundo.

L’enquête du juge d’instruction se poursuit. Rafael Lasala a ordonné à la police d’identifier l’«agent secret» qui aurait supervisé, le 18 avril 2021, l’opération de l’accueil de Brahim Ghali à la base militaire de Saragosse et son évacuation ensuite à l’hôpital.