Nouvelle position de Madrid sur le Sahara: l’engagement du Roi Mohammed VI a été déterminant

Nouvelle position de Madrid sur le Sahara: L’engagement “très actif” du Roi Mohammed VI a été déterminant (IPSE)




L’engagement “très actif” de SM le Roi Mohammed VI a été “déterminant” dans le changement de position de l’Espagne concernant la question du Sahara marocain, affirme samedi Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), un Think tank basé à Paris.

Emmanuel Dupuy





Pour l’expert français en géopolitique et géostratégie, cette position traduit le renforcement de diplomatie d’influence marocaine qui va de pair avec la multiplication des États qui reconnaissent désormais la marocanité du Sahara, notamment issus des continents africain et latino-américain. L’engagement très actif de SM le Roi dans cette phase diplomatique aura, en effet, été déterminant, a-t-il déclaré à l’agence de presse marocaine MAP.

Reste, désormais, à œuvrer sur ce front diplomatique en direction, notamment, des États européens, dont la France, qui demeure le seul pays de l’UE à siéger au Conseil de Sécurité de l’ONU, explique le président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe.

Soulignant les “enjeux énormes” de la nouvelle position espagnole au sujet du Sahara, M. Dupuy rappelle que l’Espagne est devenue, en 2013, avec 12 milliards d’euros, le premier partenaire économique du Maroc, faisant observer que les questions migratoires et sécuritaires sont des “piliers du dialogue” entre les deux rives des deux pays, par-delà la Méditerranée, notamment à travers la création de l’Observatoire africain des migrations (OAM), lancé sur les fonds baptismaux à Rabat, en décembre 2020 et le format « G4 terrorisme » réunissant, depuis juin 2018, l’Espagne, la Belgique, la France et le Maroc.




Ainsi, poursuit-il, le dialogue plus équilibré entre Madrid et Rabat va de pair avec celui avec Bruxelles et singulièrement avec Berlin, précise le président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe, ajoutant que l’invitation formulée par le président fédéral allemand, Frank-Walter Steinmeir, le 5 janvier dernier, à l’égard de SM le Roi Mohammed VI l’invitant à Berlin, afin de « sceller un nouveau partenariat entre les deux pays » va dans le même sens que “l’évolution” très récente de la position espagnole.

La visite de la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen à Rabat, en préalable de la tenue du 6eme Sommet UE-UA à Bruxelles, les 17 et 18 février derniers est venue confirmer le rôle « pivot » du Maroc dans le cadre du nouveau programme de l’UE « Global Gateway », doté de 300 milliards d’euros, dont 150 milliards pour le continent africain, d’ici 2030 et plus spécifiquement 6 milliards pour le Maroc, notamment dans le secteur de l’éducation, des systèmes de santé, l’énergie, les transports, les infrastructures et le numérique, qui sont aussi les priorités mises en exergue par le nouveau modèle de développement pour une croissance inclusive, détaille-t-il.




Les mots utilisés sont “déterminants” dans le communiqué rendu public par le Cabinet royal, note M. Dupuy, qui souligne que le chef de gouvernement espagnol non seulement met en avant personnellement sa conviction que c’est autour de l’initiative d’autonomie proposée par le Maroc en 2007, que le règlement de la question du Sahara doit se faire;

mais, Pedro Sanchez reconnaît, aussi, que le statut de l’ancienne colonie espagnole doit se régler via le dialogue engagé sous l’égide de l’ONU et que la résolution du différend est un objectif à atteindre afin de confirmer la convergence, les intérêts et l’amitié partagée, tant économique que diplomatique entre les deux pays.

Pour le président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe, il s’agit “réellement d’une évolution notable”, eu égard, au fait qu’en tant qu’ancienne puissance coloniale, l’Espagne optait jusqu’ici pour un strict statut de neutralité.