Sahara marocain: la nouvelle position de l’Espagne, “tournant historique” dans les relations bilatérales

Sahara marocain: La nouvelle position de l’Espagne, “un tournant historique” dans les relations bilatérales




La décision politique de l’Espagne d’évaluer la proposition marocaine d’autonomie de la plus sérieuse, réaliste et crédible pour résoudre le conflit artificiel autour du Sahara marocain est “un tournant historique dans les relations bilatérales”, a estimé l’expert en géostratégie et sécurité, Charkaoui Roudani.

Charkaoui Roudani





“C’est un raccommodage qui va requinquer cette relation pour qu’elle joue un rôle important dans le désherbage géopolitique que connaît la région et la sous-région”, a affirmé M. Roudani dans une déclaration à la MAP.

Et de souligner que outre le renforcement des constantes classiques qu’imprègnent les relations entre les deux pays, la position de Madrid est de nature géopolitique, renforçant ainsi la perception de la paix et de la sécurité que Rabat ne cesse d’opter afin de résoudre plusieurs équations qui se sont greffées le long de ce différend politique.

L’expert a tenu à rappeler l’appel de SM le Roi Mohammed VI, lors du Discours du 46ème anniversaire de la Marche Verte, à poser les bases d’une relation pérenne et structurelle avec le Royaume de l’Espagne, en appelant à ouvrir une nouvelle étape inédite dans les relations entre les deux pays, fondée sur la confiance, la transparence, le respect mutuel et des engagements.

De fait, a-t-il souligné, le Maroc, pivot géopolitique de la région ouest européenne-Nord africaine, a évalué toujours la position espagnole d’une influence stratégique dans la construction ou la déconstruction de la structure géopolitique dans le nord d’Afrique.




Il a ajouté que l’Espagne a eu une “centralité historique” dans ce différend artificiel et, de fait, sa décision reflète une nouvelle appréhension stratégique permettant d’asseoir une réalité historique quant à la marocanité des provinces du sud.

Néanmoins, a-t-il fait constater, il est primordial de souligner que outre l’importance du rôle du Maroc dans la paix et la sécurité dans l’espace méditerranéen et dans l’Afrique de l’ouest, les bouleversements géopolitiques que connaissent plusieurs zones d’influences stratégiques à l’échelle mondiale ont transformé la politique étrangère des États.

“Nul doute, l’ordre mondial connaîtra une re-modélisation dans les axes stratégiques. De ce fait, l’Europe fait face à une recomposition organisée à travers quatre doctrines géopolitiques ambitieuses et déterminées à conquérir la masse continentale maritime et terrestre de plusieurs espaces.

La doctrine indo-pacifique, eurasienne, Route de la Soie ainsi que la Patrie Bleue sont dans une concurrence à travers des planifications stratégiques qui seront mises en œuvre non pas comme un axe de l’économie, mais comme l’imposition d’une certaine superstructure mondiale sur un réseau économique régional autonome déjà existant”, a-t-il expliqué. “Le Nord d’Afrique reste un pont géostratégique et géoéconomique mondial.




Le Royaume du Maroc est un trait d’union entre l’ouest de la Méditerranée, le sud de l’Atlantique et l’indo-pacifique, outre le fait que c’est un pionnier de l’axe panarabe et panafricain”, a-t-il noté, estimant qu’eu égard à ses spécificités géopolitiques, Rabat se positionne en tant qu’”un noyau de plusieurs modèles qui façonneront leurs avenirs géopolitiques dans un schéma pouvant les amener aux niveau planétaire et civilisationnel”.

“Étant donné les considérations susmentionnées, l’Espagne, un pays thalassocratique dont la doctrine géopolitique est toujours animée par le sentiment de conquérir son importance géostratégique pour l’Europe continentale, s’est retrouvée isolée au sein de l’UE”, a-t-il relevé, notant que Madrid, située à 1200 km de Paris et 1500 km de Bruxelles, ne le sépare de Rabat que quelques centaines de km.

“De fait, un rôle assumé dans l’élaboration d’un partenariat euromaghrébin reste un atout géopolitique lui donnant des moyens d’interconnexion avec un espace prometteur”, a-t-il dit.

À l’aune, la décision de l’État espagnol est d’abord “un réajustement de l’histoire et de la géographie du Maghreb, mais aussi un realpolitik rationnel ouvrant vers un rejet du séparatisme dont elle est historiquement victime”, a-t-il argué en conclusion.