Après le Maroc, l’Algérie sur le point d’entrer en crise avec l’Espagne

Après le Maroc, l’Espagne sur le point d’entrer en crise avec l’Algérie




L’Espagne a mis fin à sa crise avec le Maroc en décidant de soutenir le plan d’autonomie du Sahara. Un changement de position qui ouvre une autre crise avec l’Algérie, l’un de ses principaux fournisseurs en gaz. La décision de l’Espagne de soutenir le plan marocain d’autonomie du Sahara a eu de graves répercussions sur ses relations avec l’Algérie.

Dans un communiqué publié samedi, le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé sa « surprise » face à ce « changement soudain de position » de l’Espagne et a rappelé son ambassadeur à Madrid, Saïd Moussa, pour des consultations, rappelle El Confidencial. L’Algérie reproche à l’Espagne de ne l’avoir pas informée de ses intentions.

« À aucun moment Albares [le ministre des Affaires étrangères] ne nous a dit que le président du gouvernement espagnol avait envoyé cette lettre au roi du Maroc. Nous pensions que la bonne foi et la transparence régissaient nos relations », a déploré un diplomate algérien.




De son côté, l’Espagne rassure que cette décision n’affectera pas ses relations avec l’Algérie. « Pour l’Espagne, l’Algérie est un partenaire stratégique, prioritaire et fiable, avec lequel nous entendons entretenir une relation privilégiée », ont indiqué samedi des sources gouvernementales espagnoles.

Mais la colère algérienne contre l’Espagne va-t-elle se limiter au simple retrait de son ambassadeur à Madrid ou pourrait-elle conduire à une rupture de l’accord gazier ? Ce qui reste peu probable, selon des sources diplomatiques espagnoles. Avec ce changement de position, l’Espagne devient le troisième pays européen à soutenir le plan marocain d’autonomie du Sahara, après la France et l’Allemagne.

Les États-Unis, sous l’administration de l’ancien président Donald Trump, ont aussi reconnu en décembre 2020 la marocanité du Sahara. Pour certains observateurs espagnols, la décision de l’Espagne est un échec de la diplomatie espagnole et du ministre José Manuel Albares.