(Vidéo) Sahara marocain: l’Espagne aurait subi des «pressions» selon la Russie

Sahara marocain: Pour la Russie, l’Espagne a subi des «pressions» pour changer sa position




Igor Belyaev, ambassadeur de la Fédération de Russie en Algérie





La Russie ne partage pas le soutien de Pedro Sánchez au plan marocain d’autonomie au Sahara marocain.

Moscou estime que Madrid a subi des «pressions de certaines parties» pour qu’elle change sa position.

Après deux semaines de silence, la Russie a fini par commenter l’appui du chef de l’exécutif espagnol, Pedro Sanchez, à l’initiative marocaine prévoyant d’accorder une autonomie au Sahara occidental.

Par la voix de son ambassadeur en Algérie, le gouvernement russe s’est dit «surpris par ce revirement». «Historiquement, et de part son statut d’ancienne puissance coloniale, l’Espagne assume une responsabilité particulière envers le peuple sahraoui.

Durant des décennies, le gouvernement espagnol a soutenu le droit du peuple sahraoui», a souligné l’ambassadeur de Moscou à Alger, Igor Belyaev, dans une interview accordée jeudi à la chaîne TV Ennahar.




Le diplomate a attribué ce «revirement» de Madrid sur ce dossier à des «pressions exercées par certaines parties», mais sans les citer nommément. Il a aussi réaffirmé la position de son pays sur le différend régional.

«Nous continuons de soutenir les résolutions des Nations unies, notamment les résolutions du Conseil de sécurité relatives à cette question.

Nous appuyons également les efforts de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, M. De Mistura», a-t-il dit. Belayev a révélé avoir rencontré, récemment, l’émissaire onusien à Alger lors de sa première tournée dans la région.

«Il a une volonté de relancer les négociations directes entre les deux parties du conflit, à savoir : le Maroc et le Front Polisario. Nous devons appuyer ces efforts pacifiques», a-t-il précisé. L’ambassadeur a, par ailleurs, indiqué que la mission principale de la MINURSO «est d’organiser un référendum» dans la région.




Il convient de rappeler que depuis 2007, l’instance exécutive de l’ONU a complètement mis sous le boisseau cette option au profit d’une «solution politique mutuellement acceptée par les parties».

La dernière résolution 2602, adoptée le 29 octobre 2021, a en effet plaidé pour «une solution politique réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable à la question du Sahara occidental, qui repose sur le compromis, et qu’il importe d’adapter l’action stratégique de la MINURSO et d’affecter les ressources des Nations unies à cette fin».

Un texte que la Russie, au même titre que la Tunisie, s’est abstenue d’approuver, au motif qu’il «ne contribuera pas» à mettre un terme au conflit.

Son représentant à l’ONU avait alors dénoncé les termes utilisés dans la résolution comme «démarches réalistes» et de «compromis», estimant qu’ils «prolongent l’ambiguïté», apportant ainsi davantage d’eau aux moulins de l’Algérie et du groupe séparatiste armé Polisario qui ne cessent de défendre la solution de l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara.