Maroc-Espagne: voici les sujets qui fâchent

Maroc-Espagne : voici les sujets qui fâchent




Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, sera ce jeudi au Royaume du Maroc où il aura un tête-à-tête avec le roi Mohammed VI.

La question migratoire, l’intégrité territoriale de l’Espagne (les villes occupées de Sebta et Melilla en l’occurrence), la réouverture des frontières, la reprise de l’Opération Marhaba et bien d’autres sujets, seront au menu des échanges.

La visite de Pedro Sanchez à Rabat ce jeudi marque le premier pas officiel de la reprise des relations entre l’Espagne et le Royaume du Maroc après plus d’un an de crise diplomatique, avec en toile de fond, la question du Sahara marocain.

Dans une lettre datée du 14 mars dernier, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a exprimé au roi Mohammed VI son soutien au plan marocain d’autonomie du Sahara, sous souveraineté marocaine, mettant ainsi fin à une crise qui était devenue « insoutenable » pour l’Espagne.

Toutefois, plusieurs sources de conflits potentiels persistent entre les deux pays et seront sans doute au cœur des échanges entre Pedro Sanchez et le monarque marocain, croit savoir El Periodico de España.




En premier lieu, la réouverture des frontières. Le Royaume du Maroc a maintenu fermées ses frontières avec Ceuta et Melilla depuis le début de la pandémie, ce qui a sérieusement affecté l’économie des deux villes autonomes occupées et des villes marocaines voisines.

L’Espagne souhaite une réouverture « contrôlée » des frontières afin que la libre circulation des personnes et des biens entre les deux pays soit rétablie.

La réouverture des frontières maritimes, avec à la clé, la reprise de l’Opération Marhaba, annulée en 2020 et 2021, sera également négociée pour permettre aux Marocains d’Europe de passer par les ports d’Algésiras, d’Almería et de Tarifa pour rejoindre le Maroc pendant ces vacances d’été.

Les revendications du Maroc sur Ceuta et Melilla seront aussi au cœur des débats.

Dans sa nouvelle stratégie de sécurité nationale, l’Espagne a déjà prévu la mise en place d’un plan global de sécurité pour les deux enclaves. Mais elle craint que le Maroc continue de revendiquer les deux villes et les îles, surtout lorsqu’elle aura obtenu son Sahara.




C’est pourquoi Pedro Sanchez, dans sa lettre du 14 mars dernier, a insisté sur « l’intégrité territoriale » des deux pays, soulignant la nécessité d’affronter « ensemble des défis communs, notamment la gestion des flux migratoires en Méditerranée et en Atlantique, dans un esprit de totale collaboration ».

Lors de cette visite, il souhaite obtenir un engagement écrit de Mohammed VI sur cette question. Pedro Sanchez ne veut plus revivre les entrées massives de migrants à Ceuta comme celles enregistrées en mai dernier, ni les assauts de migrants à Melilla comme ceux connus début mars.

« Notre objectif est de construire une nouvelle relation, basée sur la transparence et la communication permanente, le respect mutuel et les accords signés par les deux parties et s’abstenant de toute action unilatérale… », a-t-il indiqué dans sa lettre à Mohammed VI.

Reste à espérer que ces échanges aboutissent à de bonnes résolutions.