L’Espagne accepte de payer plus cher le gaz algérien

L’Espagne accepte de payer plus cher le gaz algérien




Suite aux menaces proférées par le PDG de la Sonatrach, le gouvernement espagnol accepte de payer plus cher le gaz algérien. L’exécutif refuse de lier la sortie du responsable algérien au soutien de Pedro Sanchez au plan marocain d’autonomie au Sahara.

La 3ème vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique confirme la décision de l’Algérie d’augmenter les prix du gaz destiné à l’Espagne. La responsable a émis le vœu, dans des déclarations à la Télévision espagnole, que la hausse «soit modérée». Teresa Ribera a souligné que les négociations avec la partie algérienne «prennent généralement beaucoup de temps».

Et d’ajouter que l’exécutif espère la conclusion d’un accord «dès que possible».

Mme. Rebera n’a pas voulu lier directement la révision à la hausse des exportations algériennes de gaz vers l’Espagne à la décision de Pedro Sanchez de soutenir l’initiative marocaine d’autonomie au Sahara occidental, indiquant que le groupe algérien Sonatrach a déjà fait part «en octobre» de ce projet aux sociétés espagnoles.

Néanmoins, la ministre a déploré qu’il n’y ait pas une «relation fluide» entre Rabat et Alger, en couvrant d’éloges le voisin de l’Est. «L’Algérie est un pays fiable, qui respecte ses engagements», a-t-elle insisté.




Mardi, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a joué la même partition, se félicitant que «l’Algérie a toujours honoré ses engagements». Des messages destinés à rassurer la partie algérienne. Une ligne politique que ne semble pas partager le PDG du groupe gazier Naturgy, Francisco Reynés.

«Les négociations ne s’annoncent pas faciles», a-t-il reconnu, lundi 4 avril, lors d’une réunion avec la Confédération des cadres des sociétés. Dans son intervention, il a surtout mis en garde contre le facteur politique dans le cours des discussions avec la partie algérienne.

«Toute indication politique dans les décisions algériennes a beaucoup plus d’impact que dans une négociation entre entreprises privées», a-t-il ajouté, rappelant au passage que la société algérienne des hydrocarbures est un groupe public. «Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans une situation où l’on peut s’attendre à une baisse du gaz», a-t-il admis.

Naturgy a 49% des actions dans le tour de table du gazoduc Medgaz, contre 51% pour la Sonatrach.

La semaine dernière de celle-ci, Toufik Hakkar a déclaré que «depuis le début de la crise en Ukraine, les prix du gaz et du pétrole explosent. L’Algérie a décidé de maintenir, pour l’ensemble de ses clients, des prix contractuels relativement corrects.




Cependant, il n’est pas exclu de procéder à un recalcul des prix avec notre client espagnol».

Suite à ces menaces, le porte-parole de la direction du PSOE, le député Felipe Sicilia a estimé que «la négociation des prix est normale, car il y a des contrats qui sont arrivés à expiration, des prix doivent être renouvelés, et il y a un contexte international de hausse des prix.

Il est logique que, dans ce contexte, considérer que les nouveaux contrats peuvent avoir d’autres prix».

En riposte à l’appui de Pedro Sanchez au plan marocain d’autonomie au Sahara, l’Algérie a décidé de privilégier l’Italie comme centre névralgique du gaz dans le sud de l’Europe au détriment de l’Espagne. Depuis, il y a eu des entretiens téléphoniques, le 1er avril, entre le président Abdelmadjid Tebboune et le Premier ministre italien, Mario Draghi.

Un échange ayant balisé la voie à la visite, le 3 avril, à Alger d’une délégation de la société italienne des hydrocarbures ENI. Draghi est attendu, le lundi 11 avril, dans la capitale algérienne pour sceller cette proximité entre les deux pays.