Maroc: polémique autour de la série koweïto-syrienne «Fath Al Andalus»

Maroc: polémique autour de la série koweïto-syrienne «Fath Al Andalus»




La série koweïto-syrienne «Fath Al Andalus», critiquée par des internautes, a fait l’objet d’une plainte pour suspendre sa diffusion et d’une question parlementaire, après avoir suscité une polémique en Algérie sur les pseudo « origines algériennes » de Tariq Ibn Ziyad».

La série koweïto-syrienne «Fath Al Andalus», sur la conquête d’Al Andalus est au cœur de la polémique depuis la diffusion de ses premiers épisodes en ce mois de Ramadan.

Ainsi, des activistes ont appelé, cette semaine encore, à suspendre la diffusion de la série au Royaume du Maroc diffusée par Al Aoula.

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont accusé la première chaîne nationale d’avoir acquis une série produite en Orient, pleine d’inexactitudes et d’insultes envers le Maroc et envers Tariq Ibn Ziyad».




les internaute estiment sur les réseaux sociaux que la série le présente comme un «esclave» qui ne fait que suivre les ordres alors qu’il était un héros et que la conquête d’Al Andalus a été rendue possible grâce à lui et à ses soldats amazighs.

Dans des déclarations à la presse arabophone, des sources de la première chaîne Al Aoula ont tenu à apporter quelques précisions.

Ils ont ainsi rappelé qu’Al Aoula n’est pas responsable de la production de ladite série, qui a été acquise auprès de ses producteurs.

Les mêmes sources de la première chaîne Al Aoula ont tenu à préciser que la série en question est une «œuvre dramatique qui tire ses événements de l’histoire, et elle contient un peu de fiction».

«Ce n’est pas un documentaire qui nécessite une enquête historique», notent-elles.




Plainte, question parlementaire et polémique en Algérie

Mais la polémique a déjà pris des proportions démesurées. Il y a quelques jours, une plainte a été déposée auprès du tribunal de première instance de Rabat par l’activiste amazigh Rachid Bouhaddouz.

À l’origine du chèque en Tifinagh, l’activiste souhaite suspendre la diffusion de la série, car «contient plusieurs inexactitudes historiques qui, si elles continuent d’être diffusées, troubleront les convictions émotionnelles formées par les citoyens marocains sur leur histoire, leur identité et la géographie de leur pays».

Pour lui, «la série propose un contenu incompatible avec les constantes de l’histoire ancienne de notre pays». Il donne ainsi l’exemple de Sebta, que les Marocains considèrent comme ville marocaine, et son gouverneur à l’époque, tandis que l’œuvre les présente en tant qu’espagnols.

Sur le personnage de Tariq Ibn Ziyad, l’activiste rappelle qu’il s’agit d’un «grand souverain indépendant de toute subordination ou tutelle spécifique des Omeyyades ou Musa Ibn Nasir», contrairement au récit prôné par la série.




La semaine dernière, la série «Fath Al Andalus» a même fait l’objet d’une question adressée par l’équipe socialiste à la Chambre des représentants au ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication.

Les élus de la Rose ont estimé que la série susmentionnée avait été acquise par la chaîne marocaine par des fonds publics, bien qu’elle «n’attache pas d’importance à l’héritage marocain et au fait historique du héros», alors qu’un seul un acteur marocain y a participé.

«La série ne donne pas de détails sur la personnalité amazighe de Tariq Ibn Ziyad», poursuivent-ils, en rappelant que la série a été produite hors du Maroc, sans la participation de Marocains à l’écriture et sans consulter les historiens pour vérifier les données. Les élus de l’USFP ont même accusé les scénaristes de «pleine d’erreurs» et de «falsification de tout ce qui était convenu par des sources historiques fiables».

À noter que la même série a créé une polémique en Algérie voisine, les téléspectateurs algériens ayant critiqué l’œuvre car elle aurait «ignoré les origines algériennes de Tariq Ibn Ziyad».