Gaz en Espagne: rétrogradation de l’Algérie au profit des États-Unis

Gaz en Espagne : La rétrogradation de l’Algérie au profit des États-Unis se confirme




La décision du président algérien de fermer le Gazoduc Maghreb Europe profite largement aux États-Unis.

Depuis le 31 octobre, les Américains s’affirment désormais comme le premier fournisseur de l’Espagne en gaz, indiquent des chiffres officiels espagnols.

Après la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, qui passe par le Royaume du Maroc, l’Algérie continue de perdre des parts dans le marché du gaz en Espagne.

Pour le troisième mois consécutif, les États-Unis détrônent l’Algérie dans le classement des fournisseurs de l’Espagne.

C’est ce qu’indiquent les derniers statistiques officielles du mois de mars de la société Enagás, chargée du maintien et du développement des infrastructures gazières en Espagne. Les Américains consolident leur position avec 43,3% du total de la consommation.




Au premier trimestre de cette année, les importations de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis ont été multipliées par presque six (+459,9%) par rapport à la même période en 2021, passant de 7 472 GWh au premier trimestre de 2021 à 41 839 GWh pour la même période en 2022, soulignent la même source.

En revanche, les achats de gaz de l’Algérie, historiquement le premier fournisseur de l’Espagne, au cours des trois premiers mois de 2022 ont été réduits de 32,9%, pour couvrir seulement 26,1% de la consommation du voisin ibérique, rapportent des médias locaux.

Avant la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, décidée fin octobre par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, les exportations de gaz des Etats-Unis vers l’Espagne ne représentaient que 16% en septembre 2021.




En revanche, le volume de gaz en provenance de l’Algérie, essentiellement transféré par les pipelines gazoduc Maghreb-Europe, qui passe via le Maroc, et Medgaz, avoisinait les 46% du total des importations espagnoles.

Cette tendance à la baisse a déjà été relevée dans le bulletin des statistiques de décembre 2021 de la société Enagás qui avait montré que le Gaz Naturel Liquéfié entré sur le marché espagnol par méthaniers, représentait près de 70% du total de ses importations contre 52,4% pour le même mois de 2020.

Quant au gaz transféré par gazoduc, il avait accusé une forte baisse, ne représentant alors que 31,2% contre 52,4% durant la même période en 2020.

La chute des exportations algériennes de gaz vers l’Espagne se traduit par la forte augmentation, enregistrée en mars, des déchargements de navires dans les ports espagnols, ayant bondi de 74,4% par rapport au même mois de l’année dernière, pour produire un total de 26.675 GWh, contre 15.295 GWh au même mois de 2021.




Le nombre de méthaniers accostant en mars dans les ports espagnols a connu une forte hausse de l’ordre de 62,5%, 26 navires, soit dix de plus qu’au même mois l’an dernier.

L’annonce de ces chiffres par Enagas intervient alors que la 3e vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera a confirmé la décision de l’Algérie de réviser à la hausse les prix du gaz destiné à l’Espagne, en représailles à la décision du chef du gouvernement, Pedro Sanchez, de soutenir le plan marocain d’autonomie au Sahara occidental.

Le 25 mars, le président Joe Biden s’est engagé auprès de la présidente de la Commission de l’Union européenne à garantir en 2022 environ 15 milliards mètres cubes de Gaz Naturel Liquéfié supplémentaires pour le marché européen.

Les parts américaines dans le marché gazier en Espagne, et dans le reste du continent, devraient ainsi se consolider tout au long de l’année.