Sahara marocain: l’Algérie et l’Afrique du sud accusent le Maroc de «violences sexuelles»

Le Maroc rejette des accusations de l’Algérie et l’Afrique du sud sur des «violences sexuelles» au Sahara




À défaut de prendre part à la réunion du 20 avril au Conseil de sécurité, consacrée à la question du Sahara, l’Algérie et l’Afrique du sud se sont emparées d’un débat à l’ONU sur les femmes pour accuser le Maroc de commettre des «violences sexuelles» dans la province.

L’Afrique du sud et l’Algérie ont saisi l’organisation d’un débat public par le Conseil de sécurité, le 13 avril, sous le thème «Femmes, paix et sécurité», à l’initiative de la présidence britannique, pour décocher des flèches en direction du Maroc.

En chœur, les représentants des deux pays ont pointé de présumées «violations perpétrées par l’occupation marocaine contre les défenseurs des droits de l’homme au Sahara occidental», rapportent des médias algériens et du Polisario.

Les deux délégations ont prétendu que les autorités marocaines «utilisent la violence sexuelle comme moyen d’intimidation des femmes sahraouies», citant particulièrement les cas de Sultana Khaya et Aminatou Haidar.

«Des violations qui nécessitent une plus grande attention de la part de la communauté internationale et des instances compétentes, notamment le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général, chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflits, dans le cadre de son mandat», ont-ils réclamé.




«L’Algérie est un violeur en série des droits de l’Homme», riposte le Maroc

Des allégations rejetées par le représentant permanent adjoint du royaume aux Nations unies, Omar Kadiri, indique la MAP. Dans sa réponse, il a accusé l’Algérie d’être «un violeur en série» des droits de l’Homme et du droit humanitaire international.

«C’est en Algérie, où de jeunes hommes et femmes du Hirak sont violés et sexuellement agressés dans les commissariats de police algériens», a-t-il soutenu. Le diplomate a dénoncé l’instrumentalisation d’un débat au Conseil de sécurité sur les femmes pour aborder le dossier du Sahara.

Il a souligné, à cet égard, que les «violations sexuelles» supposées dans la province «n’ont jamais été soulevées dans aucun des rapports ni du secrétaire général de l’ONU, ni de sa représentante spéciale, sur les questions femmes, paix et sécurité».

En revanche, il a attiré l’attention des membres de l’instance exécutive de l’ONU qu’ «en mars et mai 2020, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH) a publié deux communiqués sur le Hirak et la détérioration de la situation des droits de l’Homme en Algérie».




Pour mémoire dans les deux textes, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme avait réitéré «sa préoccupation au sujet de la situation en Algérie où les droits à la liberté d’opinion et d’expression, de réunion pacifique et de participation à la vie publique continuent d’être attaqués, par l’utilisation de la force inutile et disproportionnée contre des manifestants pacifiques, ainsi que par les arrestations continues».

Dans sa réponse, le diplomate marocain a, également, puisé des déclarations de la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet sur le voisin de l’Est, pour étayer son intervention.

«En Algérie, je suis préoccupé par les restrictions croissantes des libertés fondamentales, y compris la multiplication des arrestations et des détentions de défenseurs des droits de l’Homme, de membres de la société civile et d’opposants politiques.

J’appelle le gouvernement à changer de cap et à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le droit du peuple à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifiques», a mentionné Omar Kadiri. Le 24 décembre 2021, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme avait exprimé, dans un communiqué, les mêmes préoccuaptions sur la situation en Algérie.