Une entreprise britannique va construire une très grande ferme d’algues au Maroc

Captage et stockage de carbone: une entreprise britannique va construire une gigantesque ferme d’algues dans le Sahara marocain




La start-up technologique britannique Brilliant Planet prévoit de construire dans le désert du Maroc, sur la côte Atlantique, une ferme d’algues de 30 hectares, l’une des plus grandes au monde, pour capturer et stocker le carbone de l’atmosphère.

Cultiver des algues dans d’immenses étangs, le long de côtes désertiques, pour séquestrer, à bas coût, le carbone à grande échelle: c’est ce que propose Brilliant Planet, entreprise britannique innovante, pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Après avoir conduit plusieurs expériences pilotes dans plusieurs sites désertiques ces dernières années (au Chili, en Afrique du Sud, et aussi au Maroc), l’entreprise passe désormais à la phase de production et a choisi pour cela le littoral désertique du Maroc.

Ainsi, plusieurs sites d’informations spécialisés relaient le fait qu’après quatre ans d’essais dans son centre de recherche de 3 hectares au Maroc, Brilliant Planet prévoit d’y construire une installation de démonstration commerciale de 30 hectares, tout en poursuivant son programme de R&D fondamental basé à Londres. Le site où sera construite l’installation n’a pas été spécifié, il est seulement précisé qu’il se trouve en plein Sahara marocain.




Pour démarrer ce projet, la start-up britannique, anciennement connue sous le nom de SuSeWi Ltd., a réussi, début avril, une première levée de fonds de 12 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs convaincus par le projet.

Brilliant Planet dit avoir développé un procédé unique de production de microalgues capable de séquestrer le CO2 à un coût bien inférieur à des systèmes comparables. L’entreprise recrée la prolifération d’algues naturelles dans des étangs extérieurs, dans des zones inutilisées de déserts côtiers.

Concrètement, l’entreprise pompe l’eau de mer de la côte voisine dans son installation, profitant du fait que l’eau est remplie à la fois de nutriments dont les algues ont besoin pour se développer et de CO2 (l’océan a absorbé des dizaines de milliards de tonnes d’émissions de CO2 au cours des dernières décennies). Au fur et à mesure que l’eau s’écoule à travers une série de conteneurs et d’étangs, les algues se développent dans le système exclusif de la startup et capturent le carbone.

Lorsque les algues sont prêtes à être récoltées -un processus qui prend entre 18 et 30 jours- elles sont filtrées hors de l’eau, qui est renvoyée dans l’océan (le processus rend également l’eau moins acide, aidant à résoudre un autre problème causé par le changement climatique).




Ensuite, les algues sont séchées et enfouies sous le sable, où le carbone qu’elles capturent peut être stocké en permanence.

«Cette approche séquestre jusqu’à 30 fois plus de carbone par unité de surface et par an que les forêts tropicales, tout en désacidifiant l’eau de mer côtière locale à des niveaux préindustriels», a expliqué Adam Taylor, PDG de Brilliant Planet, dans une récente interview avec TechCrunch.

L’objectif de la start-up est de ramener le prix de la tonne de CO2 retiré de l’atmosphère en dessous de 50 dollars, soit un coût bien moindre que d’autres systèmes comparables. La plateforme de production qui sera construite au Maroc sera évolutive et pourra ensuite être déployée dans le monde entier.

Elle devrait être opérationnelle d’ici 2024. Dans son dernier rapport publié au début du mois d’avril, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), a indiqué qu’au-delà des efforts de réduction des émissions de gaz à effets de serre, l’élimination du carbone, à la fois par la technologie et par des solutions naturelles, est essentielle, et devra croître massivement pour que le monde ait une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5 ou 2 degrés Celsius.