Gad Elmaleh évoque sa « vie d’immigré  »

Gad Elmaleh évoque sa « vie d’immigré  »




Après une longue pause forcée, Gad Elmaleh est de retour en France avec son nouveau spectacle qu’il présente au public français et québecois.

Pour ces retrouvailles, Gad Elmaleh s’est laissé aller au jeu d’un bilan d’une vie artistique faite de rires, de voyages, d’anecdotes multiculturelles, de peines intenses et de volonté de tenir malgré tout.

Dans un entretien exclusif accorde au Petit Journal, l’artiste marocain a indiqué que deux raisons justifient le titre de ce nouveau spectacle. Le « d’ailleurs » a une signification géographique, identitaire.

« Je suis justement d’ailleurs. Je suis un immigré, un expatrié. Je l’ai toujours été puisque je suis né et j’ai grandi au Maroc. J’ai immigré au Québec, plus précisément à Montréal. J’étais alors l’étudiant marocain au Canada.

Et puis, je suis venu en France et bizarrement, les Français m’ont pris pour un Québécois. Ils trouvaient plus original que je vienne du Canada plutôt que du Maroc.

Ensuite, je suis parti vivre aux États-Unis. Là-bas, j’étais le Français. Cela m’a amusé. J’aime ces identités multiples ».




Pour ce qui est du second sens de ce nouveau show, Gad Elmaleh explique que c’est « une forme d’interjection pour attirer l’attention de son auditoire.

Cela a du sens pour ce spectacle qui est quelque part un bilan, à mes 50 ans. Ce spectacle est très intime et avec tout ce qu’on a vécu avec cette pandémie, j’avais envie qu’on fasse un point ».

Pour l’humoriste, tous ses voyages ont été pour lui une source d’inspiration. « Je parle des lieux d’où je viens pour les mettre en perspective.

Cela offre aux personnes qui habitent ces endroits, que ce soient les États-Unis, le Québec ou la France, une autre vision de leur propre paysage culturel ».

À la question de savoir la leçon à tirer de ce spectacle, il répond qu’il apporte un message de vérité. « J’attaque ce spectacle avec des thématiques plus tristes que d’habitude puisque je parle de la mort, de la religion en France, de la laïcité.

J’essaie d’envoyer un message de fraternité, mais aussi un message de vérité. Arrêtons de nous voiler la face », a-t-il souligné.




En ce qui concerne sa parenthèse américaine, Gad Elmaleh la décrit comme une expérience enrichissante qu’il lui fallait vivre à un moment de sa carrière professionnelle.

« C’était vraiment la réalisation d’un rêve, d’un fantasme. Je rêvais d’être un jour sur le canapé de Jimmy Fallon et je suis super fier de l’avoir fait.

Après, je dois dire que nos cultures sont tellement éloignées, que cela n’a pas toujours été simple. Et puis, ce n’était pas possible de rester loin de mon plus jeune fils. Si, en tant que expatrié, on veut vraiment réussir et être acteur de la société qu’on embrasse, il faut y rester.

Il faut prendre le temps de construire les relations sur place et être présent pour pouvoir saisir les opportunités.

C’était dur pour moi parce que je n’y passais à chaque voyage que quelques semaines voire 2 mois tout au plus. Il y avait des opportunités qui auraient pu grandir davantage, mais je ne suis pas frustré.

J’ai vécu de très belles choses et je suis allé au bout des choses avec cette volonté de rester un père connecté avec mes enfants », a-t-il déclaré.




Absent de la scène française depuis cinq ans, l’artiste est heureux de pouvoir renouer et parle même d’une reconnexion.

« La France m’a permis de me réaliser comme artiste. Ce n’est pas une formule, c’est une réalité. J’ai dû me battre. Cela n’a pas été facile. Mais la France m’a ouvert les bras et c’est grâce à elle que j’ai pu devenir un artiste ».

Mais sur la liste des coups de cœur de l’artiste il y a aussi le Québec qui l’accueillera le 30 octobre. Il annonce déjà que ces retrouvailles seront chargées d’émotions intenses.

« Le Québec est un lieu important pour moi. J’y ai passé quatre années très importantes. Cette expatriation a eu lieu à un moment charnière dans la vie d’un jeune homme entre 17 et 21 ans, et j’en garde des souvenirs très forts.

Cela a été un éveil à la culture nord américaine, aux femmes, à l’école de style américaine.

J’y ai vécu une certaine solitude aussi et j’y ai appris l’adaptation à une autre culture. J’y ai vécu plein de choses qui étaient nouvelles pour moi en tant que jeune Marocain. Le Québec, c’est aussi là où j’ai fait mes premiers pas en tant qu’humoriste ».