L’Espagne ne respecte pas les engagements du Pacte mondial pour les migrations

L’Espagne ne respecte pas les engagements du Pacte mondial pour les migrations




L’Espagne ne met pas en œuvre les engagements qu’elle a pris dans le cadre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, déplorent les différentes ONG qui surveillent le respect des 23 objectifs pris dans le cadre du sommet de Marrakech de 2018.

Les acteurs regrettent ainsi le peu de progrès réalisés en Espagne dans les domaines centraux, comme la création de canaux réguliers pour la migration, le droit du travail et les politiques d’inclusion, rapporte Pùblico.

Ils dénoncent par ailleurs la généralisation de la pratique des «retours à chaud», pourtant illégaux, et les grandes disparités salariales entre les migrants et les Espagnols.

Les organisations Red Acoge, Médecins du monde, Cepaim, Rumiñahui et Alianza por la Solidaridad, qui participent au suivi et à la surveillance des engagements, ont présenté leurs conclusions jeudi dernier dans le rapport «Migrations de droit : les défis de l’État espagnol face au Pacte mondial sur les migrations» en prévision du sommet du Forum international d’évaluation des migrations, prévu à New York du 16 au 20 mai.




Bien que plusieurs des objectifs du pacte parlent de «gouvernance des frontières» garantissant la «protection des migrants», les ONG rappellent que depuis des décennies, l’Espagne signe des accords bilatéraux avec les pays d’origine et de transit des migrants, comme le Maroc.

Ces accords ont initié l’externalisation de leurs frontières et ce que les organisations appellent «l’externalisation des droits de l’Homme».

Aussi, en Espagne, le recours à la détention des migrants est courant, alors que le séjour ou l’entrée irrégulière soit une infraction administrative et pas un crime, outre les mauvais traitements infligés aux détenus passés sous silence.

Les possibilités d’obtention de permis de travail prévues par la loi sur les étrangers en Espagne «se sont révélées inefficaces, sélectives.




Elles ne répondent pas à la réalité du marché du travail», indique le rapport.

Par ailleurs, l’Espagne n’a toujours pas ratifié la convention 189 de l’Organisation internationale du travail sur les emplois domestiques, qui met leurs droits à égalité avec ceux des autres secteurs.

Enfin, les organisations soulignent que les objectifs du pacte relatifs à l’intégration et à la non-discrimination des migrants ne sont pas atteints.

Ils soulignent par ailleurs des retards allant jusqu’à huit mois dans le renouvellement des permis de séjour, ce qui provoque des situations d’irrégularité flagrante.

Ils dénoncent également la poursuite des identifications policières basées sur le profilage ethnique ou racial, une pratique «discriminatoire, humiliante et stigmatisante» pour la population migrante.