4 sahraouis portent plainte contre le Maroc devant le Comité contre la torture des Nations unies

PLAINTE COLLECTIVE CONTRE LE MAROC DEVANT LE COMITÉ CONTRE LA TORTURE DES NATIONS UNIES




Une plainte a été déposée contre le Maroc, jeudi 9 juin, devant le Comité contre la torture de l’Organisation des Nations unies (CAT) par quatre militants sahraouis.

Dans leur action, les quatre concernés estiment que le Maroc serait en cause dans des faits de torture.

Ils sont soutenus par l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT France), l’International Service for Human Rights (ISHR), les avocats Joseph Breham et Laurence Greig, ainsi que la Ligue pour la protection des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines (LPPS).

Parmi les plaignants figurent Abdelmoula El Hafidi, condamné en juillet 2017 à dix ans d’emprisonnement, souligne Le Monde, pour son lien dans la mort d’un étudiant marocain lors d’une manifestation organisée le 23 janvier 2016 à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech.




Hassan Dah, Mohamed Bani et Mohamed Lamine Hadi, qui avaient été interpellé après le démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010, ont pour leur part été condamné en 2013 et 2017, à des peines allant de trente ans de prison à la perpétuité.

Onze membres des forces de l’ordre avaient été tués lors des affrontements survenus lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik, rappelle-t-on.

Me Joseph Breham reproche notamment au Maroc la détention des plaignants «à des centaines de kilomètres de leur famille.

Si ce n’est pas une interdiction de droit (de recevoir des visites), c’est une interdiction de fait».

Aussi, il existerait selon lui au Maroc une «culture de l’aveu», ce dernier s’obtenant sous des usages de violence.




«C’est cette première philosophie qui existe au Maroc et dont sont victimes les prisonniers de droit commun usuels», commente l’avocat Me Joseph Breham.

L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture et Joseph Breham avaient déjà déposé plainte en France, en 2014, contre le Maroc, soupçonnant le pays de torture sur un membre du groupe séparatiste armé qui se fait appeler « Polisario ».

Cette plainte en France n’avait pas abouti, mais le royaume du Maroc avait été « condamné » symboliquement par le Comité contre la torture de l’Organisation des Nations unies en 2016 pour ces faits.

Me Breham aurait ensuite été l’une des victimes du logiciel espion Pegasus pour son action pro-Polisario.